.:.Chronique.:.

Pochette

Bretschneider, Frank

EXP

[Raster-Noton::2010]

J'avoue ne pas m'être penché sur le cas Bretschneider depuis Status, disque réalisé en collaboration avec Ralph Steinbrüchel. C'était il y a cinq bonnes années. A contrario de beaucoup de ses coreligionnaires, l'allemand n'est pas de ceux qui produise à tour de bras et ayant une discographie à rallonge. Depuis Status, donc, le co-fondateur de Raster-Noton n'aura sorti que deux disques (Rythm et Fflux dans la série Brombron en collaboration avec Peter Duimelinks) ainsi qu'un dvd (Float, réalisé avec la vidéaste Angela Lorentz). Ce qui n'est déjà pas si mal, mais ses activités au sein de Raster-Noton doivent être un frein à sa propre création. Pour autant, on peut aussi estimer que ce rythme là lui convient.

Son nouvel album, EXP, est un bel objet. Comme tout disque qui sort sur Raster-Noton la sobriété graphique et sonore est de mise, ainsi que ce côté chirurgical et aseptisé. Sur ce dernier point il n'y a rien de péjoratif. La musique produite par Frank Bretschneider, Alva Noto, Ryoji Ikeda ou CoH, bien qu'ayant une attirance pour la destructuration, aspire à une netteté sonore qui se débarasse immanquablement de tout effet de saleté qui pourrait déstabiliser l'ensemble. Ainsi, Frank Bretschneider est de ces créateurs qui fait de la musique en blouse blanche. Pour autant, cette musique n'est pas inintéressante et encore moins dénuée d'âme. Pour qui connait bien Raster-Noton et le monde de l'électronique en général sait que le label est l'un des plus passionnants de ces dernières années. De même, en écoutant les 35 courtes pièces qui composent EXP, on découvre, certes, un album pointilleux mais qui garde une belle dynamique. Très loin de tout linéarité, EXP est comme une tête chercheuse, fouinant dans un but précis tous les recoins du click'n'cut tout en y intégrant des séquences plus organiques en arrière plan. On pourra qualifier d'abstraite, mécanique ou pulsatile la musique de Bretschneider qu'on ne sera pas loin de la vérité.

Au son, on ajoutera l'image qui, dans un second disque, visualise les vingt premiers morceaux de EXP. La chose est devenue presque courante dans ce genre de musique. De plus cela ne change pas grand chose à la qualité intrinsèque de l'album. On prend donc cela comme un bonus graphique que l'on regardera occasionnellement. Quoi qu'il en soit, EXP est à l'image d'un label qui se porte bien et qui domine de la tête et des épaules la sphère expérimentale de la musique électronique.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 01-07-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/frankbretschneider

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