.:.Chronique.:.

Pochette

Blessure Grave

Judged By Twelve, Carried By Six

[Alien 8 Records::2010]

|01 Intro|02 The Cycle|03 A Thousand Drums|04 Stop Breathing|05 Open Or Shut|06 In The First Place|07 Changes In The Darkness|08 Resting Place For Two|09 In My Mind|10 Hope For The Worst|11 Echo|12 Feeding The Silence|13 Learn To Love The Rope|14 Mirror|15 Hindsight|16 City Light (originally by the shadow ring)|

Il ne nous manquait plus que cela. On savait que, dans l'obscurité, quelques formations essayaient de faire perdurer l'esprit originel de la vague gothique du début 80's avec un sérieux sans faille. De toutes façon les groupes dit gothiques à la Bauhaus, Christian Death ou Virgin Prunes n'ont jamais fait rigoler personne et encore moins leurs fans les plus endurcis. Alors quand on voit aujourd'hui des groupes qui refont la même chose à la note près, à la sonorité près, à la mimique près comme une expérience de clonage comme on peut le constater chez Soror Dolorosa (pourtant vu en bonne compagnie avec Dernière Volonté et Naevus), on peut se demander quel intérêt cela peut avoir. On a même envie de crier au secours.

Aujourd'hui c'est avec Blessure Grave que l'on se tire une balle dans le pieds et que l'on grimace de douleur. Formé en 2008 autour du duo T.Graves et Reyna Kay, Blessure Grave se réclame haut et fort de groupes comme Death In June, Killing Joke, The Cure et March Violets. En soit, rien de répréhensible. C'est quand on écoute pour la première fois Judged By Twelve Carried By Six qu'on commence à grincer des dents. Les premières notes, les premières ambiances ne laissent planer aucun doute. Blessure Grave oeuvre dans un style purement nostalgique, comme si le duo était directement issu de la première vague batcave des années 80, qu'il avait été mis dans un agent conservateur et qu'on l'en a sorti que très récemment sans lui dire que la musique, depuis, a largement évolué. Pour leur défense, il faut quand même avouer que si l'on est fan du genre, Blessure Grave a bien retenu la leçon et la restitution est tout à fait fidèle. A quoi cela sert-il ? Mais à rien jeunes gens, strictement à rien si ce n'est d'alimenter le souvenir d'un genre quasi défunt tellement il est rentré dans une proche clandestinité. Que l'on s'entende bien, je parle du genre originel et non pas de ses dérivés et de ses diverses récupérations.

Alors, voilà. Blessure Grave est le genre de groupe totalement inutile qui ne peut que satisfaire les purs et durs. Et ce n'est pas les bonus tracks, qui sont du même tonneau, qui pourront changer la donne. Au fil du disque c'est comme une sorte de résignation qui s'installe. Blessure Grave est irrémédiablement bloqué trente ans en arrière. Au moins c'est lugubre à souhait. Là dessus, ils ne se sont pas trompés et ils parviennent à installer des ambiances tout à fait adéquat. Tout n'est pas vraiment négatif, finalement.

Blessure Grave performing at Club 1808 at SXSW from Denman C Anderson on Vimeo.

note : 5

par Fabien, chronique publiée le 30-06-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/blessuregravesd

?>