.:.Chronique.:.

Pochette

Miranda, Holly

The Magician's Private Library

[XL Recordings::2010]

|01 Forest Green Oh Forest Green|02 Joints|03 Waves|04 No One Just Is |05 Slow Burn Treason|06 Sweet Dreams|07 Everytime I Go To Sleep|08 High Tide|09 Canvas|10 Sleep On Fire|

Cette chronique a failli partir sur un malentendu. J'avais dans l'idée, et je n'en démordais pas, que ce premier vrai opus de Holly Miranda était sorti sur 4 AD. Et cela m'arrangeait bien à vrai dire. Voilà un disque qui est quelque peu plongé dans l'éther et qui ressemble à s'y méprendre aux productions 80's du label d'Ivo Watts-Russell. Le parallèle était tout trouvé, j'aurai disserté longuement là dessus et m'en tenir là. Sauf que, pas de pot, The Magician's Private Library est sorti chez XL Recordings. Le beau argumentaire est en miette, lessivé, plus bas que terre. Enfin, presque. Car que ne lit-on sur le web ? Cette ressemblance, et beaucoup de monde s'accorde à le dire, serait du fait de David Sitek qui a produit ladite galette. Mais qui est cet olibrius, ce désaxé ? Sitek est largement connu pour son travail pour TV On The Radio et sa lubie pour les voix claires, un peu cold-wave à la Elizabeth Frazer, pour ne citer que la plus emblématique. Cette obsession est telle que certains ce sont demandé, à l'image de Chistophe Despaux de chez l'éternel PopNews, si ce disque d'Holly Miranda n'était pas, plutôt, celui de David Sitek. La question mérite d'être posée en tout cas.

De plus, le doute s'est installé. Et si Christophe Despaux avait raison ? Et si David Sitek s'était servi d'Holly Miranda pour assouvir sa passion, cela rendrait-il ce disque moins intéressant ? On peut très bien passer outre et prendre The Magician's Private Library pour ce qu'il est : un recueil de chansons plus ou moins inspirées qui s'écoute comme on mange une douce sucrerie. C'est fondant, c'est clair comme de l'eau de roche et on prend un plaisir certain à écouter ce disque. Mais cela ne fait de lui une oeuvre essentiel dont on peut se douter qu'elle marquera les années à venir. Non, The Magician's Private Library est un album qui s'écoute dans l'instant, qui se savoure sur le moment mais surement pas sur la durée. On regrette qu'il ne soit pas de la même teneur que les deux premiers morceaux. Pour autant, à force de l'écouter on se dit que la frontière entre Holly Miranda et Elizabeth Frazer n'est pas aussi proche que cela. C'est peut-être cette nonchalance rêveuse et vaporeuse qui pourrait expliquer cette impression. Non, nous sommes plus prêt d'une Emiliana Torrini période Love In The Time Of Science. Après, chacun son interprétation et son ressenti.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 22-05-2010

p.s. : http://www.myspace.com/hollymiranda

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