.:.Chronique.:.

Pochette

Serena Maneesh

N°2 : Abyss In B Minor

[4 AD::2010]

|01 Ayisha Abyss|02 I Just Want To See Your Face|03 Reprobate ! |04 Melody For Jaana|05 Blow Yr Brains In The Mourning Rain|06 Honeyjinx|07 D.I.W.S.W.T.T.D.|08 Magdalena (Symphony #8)|

On pourra dire ce que l'on veut. On pourra comparer Serena Maneesh à My Bloody Valentine, y voir une ressemblance avec le Velvet Underground ou leur chanteuse Hilma Nikolaisen à Miki Berenyi de Lush ainsi que des accointances avec les Boo Radleys et The Jesus & Mary Chain que cela ne changera rien. Ce deuxième album, au nom un peu prétentieux, est une petite merveille pop entre noise et shoegaze qui aurait bien eu sa place avec les sus-nommés à l'époque où leur notoriété était au plus haut. D'ailleurs quand on parle de Lush, il est assez amusant, ou alors c'est une pure coïncidence, de constater que Serena Maneesh a signé sur le même label que le groupe britannique. Est-ce une volonté de 4 AD d'essayer de retrouver un peu l'image qu'il avait au début des années 90 ? S'aventurer dans ce genre d'hypothèse est sans doute assez hasardeux. Cependant, il est tout de même difficile de ne pas y penser. Il faudra donc faire avec. Tout ceci n'est pas rédhibitoire puisque N°2 : Abyss In B Minor qui dépasse ce que l'on pouvait espérer. En effet, on aurait pu s'attendre à une pale copie du shoegaze d'antan, un album un peu fade et sans imagination. Serena Maneesh, certes, reste assez fidèle aux codes du genre mais ils se montrent nettement plus passionnant qu'une formation de suiveurs.

Serena Maneesh, peut-être sans le vouloir, renoue avec une gloire qui a disparue il y a de cela presque vingt ans. On se rend compte que le shoegaze, dans sa forme la plus pure, a bien marqué les esprits et n'était pas qu'un épiphénomène que tout le monde aurait oublié une fois la mode passée. Autant il existe des résurrections que l'on trouve dommageable, autant celle-ci se garde de toute nostalgie et évite les cloisonnements. Les norvégiens de Serena Maneesh ont parfaitement compris que trop ressembler à ce qui s'était fait avant ne pouvait que leur être préjudiciable. Même si les couleurs sonores ne laissent aucun doute sur leurs influences, on voit en eux un groupe qui progresse très nettement et qui nous délivre ici un album, bien que relativement court, parfaitement exécuté et tout à fait savoureux. Nous sommes donc en 2010 et il est clair que le shoegaze n'est pas encore mort ou n'est pas un vague souvenir. Tant qu'il y aura des groupes comme Serena Maneesh on pourra se satisfaire de ces distorsions électriques qu'on ne retrouve nulle part ailleurs.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 18-05-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/serenamaneesh

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