.:.Chronique.:.

Pochette

Master Musicians Of Bukkake

Totem One

[Conspiracy Records::2009]

|01 Bardo Chikkhai|02 A Mist Of Illnesses|03 In The Lightness Of Sonoran|04 People Of The Drifting|05 Schism Prism / Adamantios|06 Cascade Cathedral|07 Eaglewolf|

Alors que Totem Two est sur le point de sortir, il n'est pas totalement idiot de revenir sur Totem One qui inaugure une trilogie psychédélique où les accroches tribales, spatiales, noises, mystiques et cosmiques sont les points forts d'un groupe qui avait été remarqué par un Visible Sign Of The Invisible Order plus que prometteur. Si on devait se la jouer facile on ne verrait dans ce disque qu'un délire post-baba cool incitant l'auditeur à fumer de la marijane pour trouver la musique intéressante. Cette vision un peu (voire même beaucoup) réac et pour le moins caricaturale a certainement encore court aujourd'hui. Nous sommes en France, bon sang de bois ! Le pays des lumières ! Il faut dire qu'il existe encore pas mal de nos compatriotes ont encore leur boîte craniène éclairée par une bougie. Alors, de grâce, évitons les raccourcis faciles concernant Master Musicians Of Bukkake. D'autant plus que les américains sont assez éloignés du psychédélisme bon enfant et un peu benêt des années 60 (bien qu'il n'a pas été que cela). MMOB explore plutôt une face sombre, quasiment religieux, de ces religions obscures et noires qui ne pronent pas l'espérance ou si peu. Cependant, le groupe n'échappe pas à la formule à rallonge. Les morceaux ayant cette forme progressive et developpée qui est inévitable.

Nous n'allons pas faire la fine bouche car, visiblement, le combo a du métier et de la suite dans les idées. Si quelques rares clichés ressurgissent ça et là, la musique MMOB est comme un temple où la lumière se réfracte à travers les prismes d'une religion indienne oubliée et s'y tient à la merci d'un groupe qui nous en envoie les signaux selon son bon vouloir. Ce dernier reste, malgré tout, assez souple et MMOB est assez généreux dans ce qu'il nous renvoie. Nous sommes peut-être là en face du début d'un nouveau culte. Car oui, MMOB a tout du groupe culte. Musique sacrale et pas très loin du primal, il rêgne un soupçon de mystère et de théatralité autour de la formation américaine qui la rend tout à fait singulière. Des groupes comme celui-ci ne sont pas nombreux et c'est fort heureux. En effet, on mesure alors toute la qualité de leurs performances sans avoir vraiment à les comparer avec une masse de suiveurs pas toujours très convaincant finissant par rabaisser le niveau. MMOB évolue donc en électron libre et en face de leur musique on ne peut que se prosterner.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 17-05-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/mastermusiciansofbukkake

?>