.:.Chronique.:.

Pochette

Tokyo Mask

Route Painless

[Low Impedance::2009]

|01 Control|02 The Human Wreck|03 Death Drive|04 Bastard Son|05 New Gods Call|

Sur le principe, Tokyo Mask est le projet du seul Kostas Karamitas. Cependant, pour Route Painless, il a été aidé par Nikos Baskozos (batterie) et Manolis Melidoniotis (guitares) sur certains titres. Trois personnes en tout et pour tout. Ce qui est largement suffisant pour créer un album massif aux allures post-industrielles qui nous vient d'une Grèce qui dévoile de plus en plus souvent ses trésors cachés. Dans une veine qui peut rappeler Ministry ou Godflesh, Tokyo Mask peut se montrer aussi frontal que subtil. Ainsi, Karamitas ne fonce pas tête baissée dans une musique trop brutale ou trop stéréotypée. Axé sur un faux rythme, ce qui force un peu le trait de la massivité de la musique du grec, Route Painless mélange les plages noise, les guitares lourdes, une batterie chirurgicale, et des effets électroniques qui coupent comme des lames de rasoir. Karamatis offre ici un compromis entre un indus-métal qui a été largement popularisé dans les années 90 et une veine plus expérimentale, dronesque ou ambient. Une rencontre qu'il n'a pas lui même inventé mais les résultats passés n'ont pas toujours obtenu une pleine satisfaction.

Qu'on se rassure, Route Painless est, dans le genre, une belle expérience sonore et artistique. Electronique et instruments électriques ont toujours fait bon ménage dans les approches industruielles et Tokyo Mask nous en fait une nouvelle démonstration. Sombre mais organique, ce nouvel album (Route Painless succède en effet à Hinterlands) est du plus bel effet. Jamais dans la caricature, ce disque nous plonge dans un univers cybernétique faites d'une violence sourde et schizophrénique. On pourra toujours trouver plus sombre, plus glauque, plus extrême que Tokyo Mask mais celui-ci joue une partition parfaitement adaptée à la situation. Les cinq long titres font immédiatement leur effet et leur capacité de mouvement en dit long sur la marge de manoeuvre que s'autorisent Tokyo Mask. Et pourtant, on sent bien qu'il a des limites qu'il ne souhaite pas ici dépasser, se bornant parfois à répéter certaines séquence pour donner un peu plus de longueur à ses morceaux comme si cela était nécessaire pour qu'ils parviennent à s'insinuer durablement dans nos cerveaux. Ceci étant, Karamatis a sans doute les capacités d'aller plus loin. A présent qu'il est libéré de ses obligations militaires, il a tout le temps devant lui.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 06-05-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/tokyomask

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