.:.Chronique.:.

Pochette

Liars

Sisterworld

[Mute::2010]

|01 Scissor|02 No Barrier Fun|03 Here Comes All The People|04 Drip|05 Scarecrows On A Killer Slant|06 I Still Can See An Outside World|07 Proud Evolution|08 Drop Dead|09 The Overachievers|10 Goodnight Everything|11 Too Much, Too Much|

Bel objet. Franchement, Liars nous a offert un bel objet. Et c'est peu de le dire. Il suffit de le tenir dans ses mains pour s'en rendre compte. Enfin, si vous avez opté pour la version Deluxe qui comporte un cd bonus avec des versions remixées réalisées par Chris & Cosey, Thom Yorke, Devendra Banhart, Alan Vega, Melvins et quelques autres. Entouré d'un petit fourreau cartonné, cette version se présente sous la forme d'un boitier livre rigide que l'on ouvre délicatement de peur de faire une irrémédiable bétise. La pochette qui accueille l'album en lui même est percée par un rectangle à travers duquel on devine des photos. Des photos qui se déplient dans un dispositif en accordéon si on se donne la peine d'écarter le boitier-livre. Une belle pièce. Mais au-delà de son aspect visuel (que l'on doit à Brian Roettinger, Zen Sekizawa et Jennifer Johnson), Sisterworld, en tant qu'album, se doit d'être le seul objet de notre attention.

Sisterworld, donc. Neuf ans après leurs débuts tonitruants, Liars est toujours présents et dégomme tout azimut à chacun de ses albums. De fait, Sisterworld fait aujourd'hui office de nouvel ovni, comme l'ont été ses prédécesseurs et qui évolue dans une logique qui a toujours incité le groupe à ne jamais répéter ce qui a été fait précédemment. Plus axé sur les mélodies, Sisterworld garde un aspect inquiétant, presque glauque, qui vous conduit dans des virées nocturnes à la rencontre d'une population criminogène. Je ne l'invente pas. Ils l'ont déclaré eux même dans les Inrockuptibles. Enregistré dans un quartier mal famé de Los Angeles (Skid Row pour ne pas le nommer) les membres de Liars ont pu constater à quel point cette ville était dangereuse. Ils s'en sont inspirés et ont oeuvré pour que Sisterworld soit toujours sur la corde raide, entre violence sonore, démabulation bancale et hallucinée. Même quand un groupe comme Liars se rapproche des codes de la chanson, il demeure cette ambivalence qui peut tout faire basculer. Des chansons paranoïaques, psychotiques et schizophrènes. Un peu comme Suicide en somme. A force de vouloir se rapprocher de la normalité les new yorkais ne font que s'en éloigner. Sisterworld est donc un grand disque.

On peut également s'attarder sur les versions remixées ou ré-interprétés qui figurent sur le second disque même si elles sont plus anecdotiques. Et c'est bien là le défaut le plus récurrent des disques bonus. A côté d'un Sisterworld flamboyant, ce disque fait un peu pâle figure mais il y a tout de même quelques pistes intéressantes notamment celles explorées par Atlas Sound, Boyd Rice ou Chris & Cosey. Globalement, même si ces versions sont en-dessous des originaux, ce disque reste une friandise fort délectable dont l'intérêt réside beaucoup (il faut être honnête) par la présence exceptionnelle de certains des artistes.

Liars "Scissor" from A Bruntel on Vimeo.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 30-04-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/liarsliarsliars

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