.:.Chronique.:.

Pochette

Chapelier Fou

613

[Ici D'Ailleurs...::2010]

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Comment pouvait-il en être autrement ? Comment porter le nom d'un des personnages d'Alice Au Pays Des Merveilles (et c'est de saison en plus) et ne pas faire une musique fantasmagorique et rêveuse. Chapelier Fou alias Louis Warynski n'a certainement pas choisi son nom de scène par hasard. Depuis la sortie de ses premiers maxis et des concerts qui ont laissé quelques traces, le bonhomme ne cesse d'étonner. 613, chiffre dont on ne sait ce qu'il signifie, est donc son premier album et il devrait contribuer à toucher un plus large public. Très largement acoustique, les voix (ici celle de Matt Elliott) n'ayant que peu d'occasion d'avoir voie au chapitre, la musique de Chapelier Fou est basé sur le rêve, le sentimentalisme et les mélodies aux accents de contes fantastiques. Acoustique, électronique warpienne, évocation à la Yann Tiersen (au moins on peut parler ici d'une certaine filiation, un cousinage pas aussi lointain que cela) forment un tout organique et presque mécanique qui semblent raconter des histoires qu'on ne trouve que dans des romans où le merveilleux prime sur toute autres considérations.

Chapelier Fou est dans sa bulle mais il nous y invite bien volontiers pour partager ces petits instants de pure innocence. Cependant, en écoutant 613, on a un peu peur de surestimer ce disque qui reçoit en ce moment les félicitations de la critique. C'est peut être mettre un peu trop de pression sur les épaules de Louis Warynski. Mais peut-être est-il au-dessus de tout cela. Chapelier Fou, le temps qu'il exerce son art, démontre qu'il est quelqu'un qui se détache des choses de ce monde. Il n'est certainement pas le seul à explorer des univers oniriques ou complètement imaginaires. Chapelier Fou ne veut pas se rappeler ce dont le monde est fait, ses contraites, ses défauts, ses haines, ses conflits. Alors, il s'échappe. Mais il n'y parvient pas totalement car il y a toujours une part d'ombre dans sa musique, quelque chose de troublé qui nous fait dire que Louis Warynski est encore à la frontière. Un pieds dehors, un pieds dedans. Tiraillé entre deux mondes notre Chapelier Fou a du mal à choisir mais cette ambivalence est la marque de toute l'émotivité qu'il parvient à dégager. C'est peut-être, parfois, encore un peu naïf mais 613 ouvre une belle voie.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 26-04-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/chapelierfou

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