.:.Chronique.:.

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Various Artists

Fabric 49 : Magda

[Fabric::2009]

Qu'on ne lui parle pas de hype. Magda balayera le sujet du revers de la main. Ce qui l'intéresse c'est la musique et rien d'autre. Enfin, c'est ce qu'elle dit. On ne va tout de même pas la contredire tant cette permanente du label de Richie Hawtin (Minus) a fait ses preuves sans que quiconque puisse lui contetester quoi que ce soit. Ce n'est sans doute pas un hasard si Magda a largement puisé dans la catalogue de Minus pour bâtir ce très beau mix. De plus elle a aussi eu cette démarche intéressante de mettre le pieds à l'étrier à quelques jeunes artistes avec qui elle est en contact et qui n'ont pas encore vu leurs travaux vraiment diffusés ou édités. Sept morceaux, ce n'est quand même pas rien. Hormis cela, la jeune femme a complété le tout avec des artistes qui comptent et qui trustent les premières places sur l'applaudimètre électronique (Bruno Pronsato, Jan Jelinek, Farben, Robert Babicz, Cristian Vogel, Luciano...). Enfin, pour courronner le tout, Magda nous impose quelques faux intrus comme les vétérans suisses Yello et Goblin. Il faut dire que Magda a voulu retranscrire un peu les ambiances des films d'horreur italiens des années 70 et qui mieux que Goblin pour illustrer ce genre d'atmosphère ? Un groupe un peu méconnu mais dont l'image reste assez attaché à ce type de films de genre.

Qu'on se rassure ce mix n'a rien de kitsch, ne développe pas un scénario élaboré à la vite et ses acteurs ne sont aucunement des seconds couteaux à la recherche d'un second souffle. Tout simplement, l'idée de Magda était remettre au goût du jour ce côté un peu sombre et inquiétant (ce qui, en soit, elle n'a pas été la première à en avoir eu l'idée) tout en y apportant un côté un peu plus groovy. C'est donc sans complexe qu'elle a mis en relation des sonorités new wave, électro, minimale et disco avec un résultat plus que convaincant. L'évocation de l'horreur spaggheti est sans doute ici assez mince du coup. Ou alors, il faut aller la chercher un peu plus loin qu'elle ne saurait l'être. On imagine assez mal coller cette musique à des séquences de zombies, même mal maquillés, sans prendre un fou-rire. Des zombies qui ont du groove, à part dans Thriller, ça ne s'est jamais vu. Ceci étant, avec beaucoup de recul et avec le regard d'aujourd'hui, les films d'horreur 70's à la sauce italienne (et même d'ailleurs) font sourire tellement cela a mal vieilli. Quoi qu'il en soit, Magda a malgré tout réalisé un mix d'une belle intelligence et au goût certain à faire devenir n'importe quelle goule un clubber chevronné. Si ce n'est pas de la performance ça !

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 19-04-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/unmagda

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