.:.Chronique.:.

Pochette

Shearwater

The Golden Archipelgo

[Matador::2010]

|01 Meridian|02 Black Eyes|03 Landscape At Speed|04 Hidden Lakes|05 Corridors|06 God Made Me|07 Runners Of The Sun|08 Castaways|09 An Insular Life|10 Uniforms|11 Missing Islands|

Si The Golden Archipelago avait été le premier album de Shearwater, il y a fort à parier que beaucoup auraient applaudi des deux mains devant le talent de Jonathan Meiburg et de ses camarades. Cependant le groupe a déjà une discographie dense en presque dix ans d'existence et ce disque a été accueilli avec une tièdeur inhabituelle. On lui adresse des faveurs polies sans pour autant égratigner la réputation des Texans. Sans doute pour tous les services rendus. Pourtant, Shearwater n'a pas à avoir honte de ce nouvel album. Bien qu'il ait une petite propension à la grandiloquence, The Golden Archipelago est aussi un album vivant qui vous aggrippe assez facilement sans bercer dans les poncifs les plus éculés. Certes, ce n'est pas non plus le disque le plus sophistiqué qui soit mais il fonctionne avec des morceaux ciselés qui emprunte des idées à droite, à gauche pour les enrichir (on pense, par exemple, à ces boucles sérielles au xylophone à la Steve Reich qui apparaissent sur Hidden Lakes ou sur Uniforms). Si certains le pensent à mots couvert, Shearwater n'est pas encore sur le déclin. The Golden Archipelago est très loin d'être un album alimentaire et il garde en lui une certaine idée du disque-concept. De ceux qui relient les chansons les unes aux autres, comme si elles racontaient une histoire, alors qu'elles n'ont foncièrement de ressemblances flagrantes.

Shearwater se tire donc de ce mauvais piège que peut-être la lassitude. Cela aurait pu être le cas, car le rythme imprimé par le groupe a été pour le moins soutenu et continue de l'être. Du moins, il est assez régulier. Quoi qu'il en soit The Golden Archipelago est le genre de disque du grand large que l'on écoute la poitrine gonflée à bloc. Shearwater produit ici une musique passionnée et sensible qui varie selon les humeurs. Intimiste sur Missing Islands, naturaliste et rêveuse sur Meridian, elle peut aussi être portée par une grande vague d'espoir et d'adrénalyne (Black Eyes). Alors non, Shearwater n'est pas en manque d'inspirations, ne manque pas d'idées et maintien la pression encore d'une manière plus que convaincante. Shearwater est comme ce personnage de la pochette, solitaire sur une barque drapée sur une mer apaisée mais inquiétante, en direction d'une île fantasmée et qui tient presque lieu du mirage. Leur musique est ainsi faite. Elle stimule notre imaginaire et nous transporte bien au-delà de ce qu'on avait pu espérer.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 02-04-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/shearwater

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