.:.Chronique.:.

Pochette

Reigns

The House On The Causeway

[Monotreme Records::2009]

|01 (Frontplate)|02 Bad Slate|03 Everything Beyond These Walls Has Been Razed|04 Mirrors At Night|05 Crex, Crex, Crex|06 Vaulted|07 Mab Crease|08 Take It Down|09 Your Tiny Hand Is Frozen|10 The Black Cramp|11 (Endplate)|

Monotreme est un label qui, apparement, n'a pas de ligne directrice précise mais dont les choix de signatures sont toujours justifiés par une qualité artistique qui ne se dément pas (on l'a vu avec Jeniferever et Stinking Lizaveta notamment). Nous en avons encore un exemple avec ce troisième album de Reigns, entité électronique et acoustique aux sombres recoins et aux accents cinématographiques. Les frères Tim et Roo Farthing rappellent quelque part, et dans un autre genre, les jumeaux Humberstone de In The Nursery. Ils donnent cette impression de cohésion fraternelle qui ne peut tomber en lambeaux à la moindre bourrasque. Reigns prend forme dans une musique ombragée, qui s'écoute à la tombée de la nuit et ne donne aucunement le sentiment qu'ils sont en quête d'un bonheur quelconque. Ou alors celui-ci serait définitivement perdu et Reigns ne poursuivrait plus qu'une chimère. On hésite à qualifier pleinement leur musique de post-rock mais celle-ci est assurément des plus mélancoliques. On pourrait tout aussi dire que le duo fait dans le néo-classique. Pour tout dire Reigns produit quelque chose d'hybride qui ne se conçoit que dans leur volonté de ne jamais réaliser des morceaux sans âmes ou trop conventionnels.

Sur ce dernier point Reigns parvient à s'extraire de la médiocrité ambiante. The House On The Causeway à au moins ce mérite de ne jamais s'approcher, de prêt ou de loin, à ce qui se fait habituellement. Reigns est tout simplement dans son monde. Celui-ci se matérialise par une noirceur poétique, une structure mélodique arborescente qui s'étale comme un virus. Cependant, ce virus n'est pas fatalement malveillant. Il ne l'est pas du tout même. Reigns nous fait partager sa conception du beau et celle-ci s'oriente définitivement vers un environnement qui touche parfois à la schizophrénie. Bien que les deux frères ont manifestement une grosse toile d'araignée collée au plafond, ce nouvel opus est d'une beauté confondante qu'il est tout à fait inutile de nier. Le froid est persistant chez eux et le soleil peine à percer à travers les nuages mais on se contente de cela assez aisément tant Reigns arrive à nous subjuguer.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 31-03-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/reignsofwessex

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