.:.Chronique.:.

Pochette

Scherschel, Kevin

22:22

[Edelweiss::2010]

|01 Heart Break|02 J.C.P.|03 No News, I'm Sad|04 Art Of ?|05 After Six Hundred Meters|06 Always|07 Got To ?|08 Lews Harper|09 Music For ?|10 La Fête Triste|

Avec un nom pareil on se dit que l’on a encore droit à un allemand digitalisé de Berlin ou de Cologne. Pas de chance, Kevin Scherschel vient de Nice et n’est pas vraiment un nouveau venu. Déjà en 1995, Scherschel avait élu meilleur espoir par les lecteurs du magazine Coda (pour ceux qui s'en souviennent). Après avoir cotoyé pas mal de monde, dont Daft Punk et Jennifer Cardini, essuyé pas mal de scènes, mixé à tout va, il s’oriente désormais à la composition d’une musique électronique minimale qui prend forme avec ce 22 :22. Kevin Scherschel est assurément plein de bonnes intentions et un passionné aux goûts hétéroclites (The Residents, Front 242, Profan, Laurent Garnier, Skinny Puppy, Jeff Mills, The Cure…). Quelque part, 22 :22 est un peu la synthèse de son background musical. Si on fait un peu attention on retrouve peu ou prou tout ce qu’il aime dans ses artistes de chevet. Un mélange bien ordonné autour d’une base solide mais qui n’étonnera personne. A l’évidence 22 :22 n’est pas un puit de surprises. Pour autant les atouts de ce disque sont ailleurs.

En effet, il n’y a pas de quoi jouer les blasés avec Kevin Scherschel. Ce dernier opère ici une performance digne qui démontre de belles aptitudes à la création. Son expérience, sa culture y sont pour beaucoup et il y apporte une touche personnelle non négligeable. Ainsi 22 :22 est un album plus que correct qui met en valeur une musique qui se veut aussi subtile qu’en dehors de toute considération monolithique. Kevin Scherschel varie les plaisirs et ne souhaite visiblement l’homme d’un son et d’un rythmique unique. Non, le français prend son plaisir dans des approches diversifées et ne se contente pas de faire seulement le métier. On pourra estimer que le bonhomme se cherche une identité mais, dans le fonds, cette identité est plus que présente. Il n’est pas très difficile de s’en persuader. Il suffit d’écouter jusqu’au bout ce 22 :22 pour se rendre compte que même si Scherschel n’est pas le plus original de tous, il maîtrise pleinement son sujet jusqu’à nous faire partager son enthousiasme.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 12-03-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/kevinscherschel

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