.:.Chronique.:.

Pochette

That Fucking Tank

Tanknology

[Gringo Records::2009]

|01 It's Your Letters|02 Keanu Reef|03 Mr Blood|04 John Faheyshanu|05 Dave Grolsch|06 Nancy Mustaine|07 Evan Dido|08 Bruce Springstonehenge|09 Ludwig II Of Bavaria|10 Stephen Hawkwind|

A deux on peut faire des miracles. James Islip et Andy Abbot ont parfaitement assimilé le fait qu'il n'est pas toujours utile d'être une forte troupe pour réaliser un album digne de ce nom. Enregistré avec les moyens du bord, parfois en studio, parfois dans leur petit chez soi, Tanknology est de l'énergie brut. Un guitariste, un batteur, il ne faut rien de plus. Avant eux, Om, Lightning Bolt, Sabot ou Chevreuil avaient très bien compris la chose. Le peu d'équipement ne veut pas dire un minimalisme sonore. C'est même tout le contraire qui se produit. Ce deuxième album pour le combo de Leeds est tout simplement un déferlement math rock avec des influences allant d'un rock plus classique (ils vont même jusqu'à reprendre du Bruce Springsteen) au prog en passant par la techno. That Fucking Tank ne font pas le détail. Ils ne tiennent pas forcément à montrer du respect pour les genres qu'ils abordent. Ils le font à leur manière, lourdement, abrasivement. En même temps, c'est peut-être la meilleure forme de respect que l'on puisse donner : ne pas rechercher la ressemblance.

A n'en pas douter, James Islip et Andy Abbot n'ont pas le souffle court et bien qu'ils ne soient pas les plus impressionnant dans le genre, leur formule fonctionne tambour battant. La performance n'est pas superflue.Comme beaucoup de groupes de math-rock, That Fucking Tank nous atteint aux tripes, fonce dans le tas et ne fait pas de quartier. Enfin, math-rock...plus totalement. That Fucking Tank est à mi-chemin. Le duo prend à son compte quelques fondamentaux rock, voire hard-rock, pour les transposer à un math-rock qui ne demandait qu'à être bousculer. On a sans doute cette impression de retour en arrière mais leur rock massif, primitif, qui bombarde ses riffs à tout va fait un bien fou. On a besoin de ce genre de disque frontal qui ne fait pas dans la nuance. Cela permet aussi de relativiser sur une autre musique plus esthétisante mais qui n'apporte pas pour autant cette même rage, ce même plaisir vengeur et jouissif. On ressort certes repus de ce disque mais c'est tout à fait le genre de fatigue qu'on accepte volontiers.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 11-03-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/landsandbody

?>