.:.Chronique.:.

Pochette

Harnetty, Brian & Bonnie 'Prince' Billy

Silent City

[Ruminance::2009]

|01 The Night Is, And Lights Are|02 The Top Hat|03 Sinclair Serenade|04 Sleeping In The Driveway|05 "Well, There Are A Lot Of Stories"|06 Silent City|07 And Under The Winesap Tree|08 It's Different Now|09 Papa Made That Last Verse Up|10 Some Glad Day|11 As Old As The Stars|12 To Hear Still More|

Si on ne présente plus Will Oldham, qui apparait ici sous son pseudo favori, on sait moins de chose sur Brian Harnetty. Originaire de l'Ohio, le personnage a été assez productif pendant les années 2000. Partageant son temps entre le collectif d'art Fossil Fools, ses installations sonores, ses bandes sons pour vidéos et ses propres disques (parus chez Atavistisc, Tell-All et Make&Do), Brian Harnetty a quelques heures de vol à son compteur. En s'associant à Will Oldham, Harnetty attire inévitablement les projecteurs vers lui. Pourtant, à voir la pochette de Silent City, la clarté est un concept un peu éloigné et qui n'a sa place que par intermittence. On en a confirmation en écoutant ce disque nocturne qui n'est éclairé que par des touches minimalistes et sensibles. Les deux hommes, épaulés par quelques musiciens, s'orientent vers un folk sans âge, fantomatique parfois et où les fields recordings trouvent refuge agréablement. Silent City fait alors penser à une représentation du quotidien, loin des considérations de la haute société. Nous sommes là, à observer et écouter ce qui nous semble être le vécu des plus humbles, des laissés pour compte, la vie des gens simples qui n'ont d'autres prétentions que de survivre en limitant la casse.

Silent City a quelque chose de très urbain et en même temps qu'il évoque la nuit. Dans cet ordre d'idée la ville qui apparait en filligrane dans ce disque peut être aussi grande que petite. On y retrouve une mélancolie, un fatalisme, une sorte de désepérance lié à une nature humaine qui s'accroche malgré tout à la vie dans les rires, les pleurs, les cris, les paroles. Silent City est bâti sur des principes qui sont en dehors de tout sensationnalisme. Le jour où ce sera le cas chez Will Oldham on pourra se dire qu'il y a quelque chose qui ne va plus chez lui. En tout état de cause cette nouvelle collaboration, même s'il n'est pas la plus marquante, est particulièrement touchante et est à dimension humaine. C'est sans doute ce qui a rapproché les deux hommes. Ils partagent le même point de vue et cela s'entend sur Silent City. Le résultat n'est peut-être pas des plus étonnant mais il apporte toute une sensibilité qui touche l'auditeur au plus profond de lui même. C'était sans doute le but recherché.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 05-03-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/bonnyprincebilly

http://www.myspace.com/brianharnetty

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