.:.Chronique.:.

Pochette

Zonk't

Beat Wins You And Me

[Sound On Probation::2009]

|01 War|02 Pore |03 Clutter|04 Phlegmon|05 Glaire|

Laurent Perrier ne chôme pas. Si cet ancien membre de Nox sort des disques sous son propre nom, il mène également de front quatre autres projets : Heal, Pylône, Cape Fear et Zonk't. C'est ce dernier qui va nous occuper ici. Pour avoir le contrôle sur chacun d'entre eux, Laurent Perrier a créé sa propre structure sur laquelle il publie chacun de ses disques. Il est à noter qu'il avait également dirigé le très regretté label Odd Size. Beat Wins You And Me poursuit donc l'oeuvre du français qui peut être vu comme un véritable sacerdoce. Voyageant entre le dub, l'électronica et l'industriel, Zonk't nous ouvre les portes d'un monde fascinant, curieux mais aussi inquiétant. Ce cinquième album sous cette incarnation se veut pourtant assez accessible tout en se réfugiant dans les soubassements d'une cité que l'on imagine tentaculaire. Usant régulièrement de la répétition, il provoque une certaine forme de malaise qui, malgré tout, créé, à son tour, une certaine attirance. Résolument urbain, Beat Wins You And Me offre cinq morceaux plus ou moins long mais dont la force et l'intérêt ne varie pas.

Laurent Perrier est sans doute un franc-tireur qui, manifestement, se complait dans un monde cyber et nocturne. Il faudrait être complètement déraisonnable pour considérer la musique de Zonk't comme une musique de jour. On ne peut guère concevoir que les images qu'elle nous renvoie soit autre qu'une vision souterraine qui ne laisserait filtrer aucune lumière. La seule lumière qui existe est alors artificielle. Pourtant, même si il y a ce côté non organique chez Zonk't on ne peut pas dire non plus qu'elle soit totalement déshumanisée. Beat Wins You And Me est sans doute sombre, machinal mais il garde en lui une part biologique qui nous rappelle que derrière toute technologie se trouve un être de chair et de sang. Zonk't c'est donc ce genre de compromis qui nous entraine dans un futurisme pas forcément très optimiste. Mais quand on baigne dans les musiques industrielles et ses dérivées peut-on l'être vraiment ? Non, évidemment pas mais cela n'empêche pas d'avoir une vision artistique tout à fait enrichissante. Et c'est bien ce qu'il se passe ici.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 23-02-2010

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