.:.Chronique.:.

Pochette

Delphic

Acolyte

[Chimeric Records::2010]

|01 Clarion Call|02 Doubt|03 This Momentary|04 Red Lights|05 Acolyte|06 Halcyon|07 Submission|08 Counterpoint|09 Ephemera|10 Remain|

Pas mal de projecteurs sont tournés vers Delphic en ce moment. Ce combo de Manchester a suscité un vif intérêt sur la foi de deux singles imparables (Counterpoint et The Momentary) au point qu'on se demande si on en fait pas un peu trop à leur sujet, comme d'habitude. En tout cas ce premier album était fortement attendu. Cependant, personne ne se fait d'illusion sur Delphic et les références trop évidentes à New Order permettent largement de garder les pieds sur terre et de ne pas crier trop vite au génie. En fait, il s'agissait bien de ne pas être trop déçu après les belles petites performances du groupe l'année passée. Pourtant l'instant, Delphic tient la marée, continue de surfer sur la vague et Acolyte est un album très plaisant les mettant en bonne place comme les dignes héritiers du groupe à Bernard Sumner et Peter Hook. Mais tout cela est-ce vraiment si surprenant ? Delphic n'est rien d'autre, au fonds, qu'un groupe typiquement Manchestérien, qui a suivit le lourd et riche héritage de l'explosion indie-pop des années 80 et qui aurait sans doute signé sur Factory si celui-ci avait survécu. Qu'on ne s'étonne donc pas. La grande qualité de Delphic réside alors dans le fait qu'ils sont doués et qu'ils ont parfaitement assimilés les leçons donnés par leurs ainés.

Acolyte a donc cette fraîcheur, ce côté sautillant, détaché, semblant être le fait d'éternel adolescent pour un public qui l'est tout autant (ou qui ne veut pas ou ne se voit pas vieillir). Leur électro-pop (ou synth-pop comme on veut) a cette souplesse, ces formes mélodiques et cette simplicité qui n'existent que dans la cité anglaise de Manchester. Dès les premiers accords on les identifie, on sait sans même chercher à vérifier. C'est leur plus grande qualité mais aussi leur plus grand défaut. On se demande si Delphic ne va pas rester prisonnier de cette identité sonore et mélodique. On se demande même, si jamais ils décident de bifurquer, s'ils ne vont pas tout simplement se casser la gueule. Un cruel dilemne qui risque de se poser à eux d'ici quelques temps. En attendant, on reprend énormément de plaisir à réécouter Counterpoint et The Momentary. Les autres morceaux tiennent la distance très largement et c'est sans doute là que réside la vraie performance de Delphic : être arrivé à créer un album homogène sans tomber dans le cliché le plus opportuniste.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 10-02-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/delphic

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