.:.Chronique.:.

Pochette

Young , Nate

Regression

[iDEAL Recordings::2009]

|01 Trapped|02 Dread|03 Under The Skin|04 Sweating Sickness|05 Sweating Sickness 2|06 Sleep Anxiety|07 Untitled|

Quand il avait fondé Wolf Eyes ce n'était poour Nate Young qu'un projet solo. Par la suite, c'est devenu un groupe avec les arrivés successives d'Aaron Dilloway et de John Olson. Dilloway retiré au Népal c'est Mike Connely qui le remplaça. Nous n'allons pas revenir sur la discographie impressionnante de Wolf Eyes (ils ont tout de même plus de 150 enregistrements à leur actif) mais quand Nate Young se remet à travailler en solitaire on se dit qu'il fait peut-être un retour aux sources. Un retour aux sources qui est tout de même épisodique depuis 2002. Un période pendant lesquels Nate Young a pu entendre la voix de la Bête et faire la rencontre d'un loup solitaire. Ici, il nous propose de pénétrer dans un univers régressif fait de synthétiseurs analogiques et de magnétophone à bandes. Un univers clos dans lequel une folie intérieure et claustrophobe s'est installée de manière malsaine, comme un virus qu'on ne peut arrêter. Surement, la musique angoissante de Nate Young s'installe, minimaliste, sans rythme précis et dénuée de tout fondement humanisant. Inutile de chercher le moindre repère réconfortant, il n'y en a pas. On s'accroche alors à ces sonorités froides et implacables qui atteignent leur objectif en nous faisant nous replier sur nous mêmes, en perte de contact total avec le monde extérieur.

Disque glacial et sombre, Regression fait largement penser à la première vague industrielle qui a succédé à des groupes comme Throbbing Gristle ou Cabaret Voltaire. Noisy, clinique, caverneux, Regression n'est pas fait pour rassurer. Bien au contraire. On y distingue toutes les angoisses des être vertébrés que nous sommes. En tant que tel Regression est un modèle de perfection de musique souterraine, mettant en avant une chute perpétuelle et une pertubation critique de l'équilibre mental. En même temps on ne peut être que fasciné par cette approche de Nate Young. On se demande même s'il n'est pas devenu, lui aussi, psychiquement atteint. C'est possible après tout mais Nate Young est un fou qui a du génie et cela change tout. Ainsi, avec Regression, on s'enfonce dans la pénombre pour ne plus être entourée par la nuit la plus noire. Seul avec soi même et la musique de Nate Young on se bat contre nos propres démons. Un combat sans doute inégal mais que l'on mène volontiers en compagnie de Regression jusqu'à perdre pieds.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 17-01-2010

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