.:.Chronique.:.

Pochette

Grimes, Rachel

Book Of Leaves

[Ruminance::2009]

|01 Long Before Us|02 Every Morning|03 The Corner Room|04 She Was Here|05 On The Morrow|06 My Dear Companion|07 Far Lights|08 Mossgrove|09 Bloodroot|10 At The Pond|11 Starwhite|12 The Side View|13 Every Morning, Birds|14 Bed Of Moss|

Membre du groupe culte The Rachel’s , Rachel Grimes est un peu libre de voler de ses propres ailes puisque la formation n’a rien sorti depuis 2003 (Systems/Layers). En fait, elle a beaucoup travaillé pour les autres ( The Frames, Tara Jane O’Neil, Shanon Wright, Sonora Pine, Dianogah…) et ce n’est que cette année où elle sort son premier album, Book Of Leaves. Seule avec son piano, elle nous propose un disque automnale, clair et ruisselant de notes poétiques et évocatrices. Entre l’univers d’Erik Satie et celui de Michael Nyman, Rachel Grimes se promène dans un environnement que l’on devine forestier à l’aube d’une journée ensoleillée. Le chemin qu’elle emprunte peut se révéler d’un calme olympien mais aussi des plus torturés et passionner. Il n’y a aucune platitude ou de figures imposées chez Rachel Grimes. Celle-ci va au gré de ses humeurs, faisant planer son spleen avec une infinie introspection qui finit par exploser tant les sentiments de la jeune femme finissent par déborder. Elle ne peut, ainsi, se contenter d’une mélancolie de façade où le rythme et la vitesse serait absente. Elle met de la vie dans sa musique, change de visage à chaque morceau, car elle ne peut être uniforme et sans reliefs. Ainsi, pour donner un peu plus de corps à ses compositions, elle intègre des séquences de field recordings tout en laissant le piano au premier plan.

Satie et Nyman ont sans doute, en Rachel Grimes, une élève idéale. On y croise tous les ingrédients d’une ode à des états d’âmes que l’on croyait perdus ou réservés qu’à une catégorie de personnes limitée. On flâne donc avec elle, on s’emporte également, se laissant submerger par une émotion soudaine. On ne parle pas ici de guimauve surannée faite par quelque romantique de bazar. Non, il s’agit d’une émotion haute et noble, de celle qui vous déstabilise par son évidence et sa beauté intrinsèque. Le minimalisme assumé de Rachel Grimes aurait pu être sa plus grande faiblesse. Bien au contraire c’est bien là qu’elle puise toute sa force et son inspiration. Et encore, faut-il parler de minimalisme dans le cas de l’américaine ? Oui, dans le sens où elle n’utilise que le piano et, avec parcimonie, des sons environnementaux. Non, dans cet autre sens où elle occupe tout l’espace, ne laissant que peu de place aux silences. Quoi qu’il en soit, Book Of Leaves est un album d’une beauté pure et ça, personne ne pourra le lui enlever.

note : 8.5

par Fabien, chronique publiée le 28-11-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/rachelgrimespiano

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