.:.Chronique.:.

Pochette

Sleepy Sun

Embrace

[ATP::2009]

|01 New Age|02 Lord|03 Red/Black|04 Sleepy Son|05 Golden Artifact|06 White Dove|07 Snow Goddess|08 Duet With Northern Sky|

Si la tendance actuelle est bien un retour aux années 80 dans toutes leurs diversités (quoi que puissent en penser quelques aigris), il s’en trouvent pour garder les pieds bien ancré dans les 70’s. En ces temps où le recyclage est passé dans les mœurs, au grand dam de ces tristes cons du « ah ! c’était mieux avant », des groupes comme Sleepy Sun se trouvent légitimés dans leurs relecture des genres passés (ici, le psychédélisme et un rock alambiqué). De toute façon le recyclage a toujours existé, même au début du rock. De quoi se plaint-on finalement ? Que l’on perpétue une certaine idée de la musique ? Continuer à véhiculer des sonorités d’une autre époque ? Où est le problème quand cela est bien fait ? L’intérêt n’est certes pas majeur mais il est tout à fait digne d’être respecté quand un groupe comme Sleepy Sun se révèle être habité par une fibre artistique peu commune. En effet, Embrace, premier disque du groupe, est sans doute une ode au passé et a une décennie qui ne connaîtra probablement pas d’équivalent (du moins ce n’est pas encore arrivé) mais il est mu par une véritable passion et une inspiration qui frise l’état de grâce.

Jamais uniforme, Embrace, se distingue par cette capacité à se réinventer à chaque morceau et, en même temps, à l’intérieur même de ces morceaux. Visiblement, Sleepy Sun déteste la linéarité et le montre tout au long de ce disque. L’emploi d’un double chant (celui de Rachael Williams et de Bret Constantino) et cette capacité de passer de la simple ballade aux envolées électriques permet de ne jamais lasser et de faire illusion. Mais est-ce vraiment une tentative pour brouiller les pistes ? On n’ose à peine le croire. D’ailleurs on n’y croit pas un seul instant. A défaut d’être totalement ambitieux (il ne faut quand même pas perdre de vue que Sleepy Sun ne propose rien de vraiment neuf), Embrace reste un beau disque aux compositions qui, sur le fonds, sont inattaquables. Les apparences sont donc sauves et les américains peuvent donc continuer leur petit bonhomme de chemin sans être inquiéter. Et on n’aura rien contre.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 26-11-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/sleepysun

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