.:.Chronique.:.

Pochette

Yarn : Moor

So, I'll Take Your Hand And...

[Noble::2009]

|01 Warm, Sweet And Freeze|02 It's Blooming|03 1014|04 One Cold Day|05 After Time In The Forest|06 Pool Of The Sun|07 Snuffed At Spring Breeze Today|08 Ephemera|

On le sait, les japonais sont capables de tout. Le pire comme le meilleur. Ils ne sont pas les seuls, me direz-vous et je ne pourrai pas vous donner tord mais c’est particulièrement vrai au pays du Soleil Levant. On peut y voir et entendre de tout, du sublime au ridiculement anecdotique. C’est sans doute pour cela que le Japon est un pays fascinant, justement parce qu’il est imprévisible. La musique de Yarn : Moor est un peu comme cela, ancrée dans une électronica assez traditionnelle mais capable de bifurquer et d’aller un peu plus loin que le simple exercice de style dans lequel beaucoup d’adeptes du genre se sont réfugier. Ce trio composé de Moss, Neuma et du délicat chanteur Tao, oeuvrent dans un univers des plus onirique, aux espaces rêveurs. Mais ces rêves ne sont pas toujours confortables, le groupe empruntant des chemins sinueux et caillouteux pour bien comprendre que même dans l’inconscient les choses ne sont pas toujours aussi simple et que la beauté, fusse t’elle sonore, n’est jamais incarnée par quelque chose de lisse et d’uniforme. C’est pour cela, qu’au delà des sons électroniques, des glitchs, le groupe utilise des sons environnementaux pour donner plus de variété, de relief mais aussi un sentiment extérieur qui doit nous faire sentir que la vie ne s’accomplit pas toujours entre quatre murs.

Pour un premier album, Yarn : Moor nous montre de belles choses, une musique inspirée qui sait prendre au bon moment de la hauteur. Sur le principe et la forme il n’y a pas grand chose à dire, c’est du travail d’orfèvre, mais on a également conscience que ce disque introductif arrive alors que d’autres ont déjà exploré les mêmes sphères avec succès. Il leur reste cette volonté de ne jamais tomber dans la facilité et le démonstratif. Ce qui, en soit, est déjà un bel exploit et qui mérite d’être souligné. Il faut, en effet, bien comprendre que l’électronica moderne a tendance à tourner en rond et ne propose plus guère que des albums reconnaissables entre milles. Tout n’est pas forcément mauvais mais la routine s’est installé insidieusement. Yarn : Moor la bouscule un petit peu sans vraiment la briser. C’est sans doute peu mais, par les temps qui courent, c’est déjà beaucoup.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 03-11-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/yarnmoor

?>