.:.Chronique.:.

Pochette

Vowels

The Pattern Prism

[LoAF Recordings::2009]

|01 Sonny|02 Two Wires|03 Swim Pool|04 Appendix|05 On Upi|06 Drums Gone Awry|07 Eh Uh|08 Closing Circles|

James Rutledge (Pedro) et Chris Walmsley (Psapp, Kelpe), qui forment le duo Vowels, sont définitivement de gros cinglés. Ce premier album aux influences krautrock plus qu’évidentes est purement et simplement un ovni qui s’écarte volontairement des clichés habituels du rock et de la pop music. Non, Vowels, eux, regardent plutôt du côté des Can, Tangerine Dream, Amon Düül, Faust et les parts hypnotiques des Klaus Schulze, Cosmic Jokers et autres Manuel Göttsching. En huit morceaux hallucinants et hallucinés, Vowels parvient à vous subjuguer et à briser toute certitude quant à l’uniformité de la musique moderne. En soit, Vowels nous propose ni plus ni moins qu’une histoire condensée et inspirée du krautrock (à ce propos, outre le livre de Julian Cope sur la question, il serait bon de lire celui d’Eric Deshayes paru chez le Mot et le Reste et qui traite de cette vague allemande des 70’s). Les deux hommes n’y vont pas par quatre chemins. Ils s’attribuent les us et coutumes du genre, les maltraite, les malaxe et les restituent avec une production moderne qui donne un poids supplémentaire à la chose. Sur le fonds nous ne sommes pas dupes. Nous savons pertinemment d’où vient cette musique qui ne touche jamais terre mais celle-ci reste hors catégorie et réussie au delà de toutes espérances.

Comme leurs glorieux aînés, Vowels use d’une liberté totale, expérimente à tout va et ne se limite en rien. The Pattern Prism peut alors apparaître comme des plus exubérant mais c’est cette exubérance, cette volonté d’aller au delà du normal qui fait toute la force de ce disque. A priori déconstruit et apologie du n’importe quoi, The Pattern Prism est, au contraire, bien plus réfléchit qu’il n’y paraît. Les longs développements hypnotiques qui assaillent nos oreilles sont pensés dans leurs moindres détails et ceux-ci sont nombreux. C’est comme un work in progress, il ne faut s’attendre à rien et se laisser surprendre par la folie débordante des deux hommes. Assurément, The Pattern Prism est l’une des belles surprises de cette rentrée post-estivale qui devrait contenter tous ceux qui n’attendent plus grand chose des têtes d’affiches qu’on annonce un peu partout.

note : 8.5

par Fabien, chronique publiée le 21-10-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/vowelsvowelsvowels

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