.:.Chronique.:.

Pochette

Bloody Mary

Black Pearl

[Contexterrior::2009]

|01 Black Pearl|02 Sed Non Satiata|03 Sinina|04 Moesta Et Errabunda|05 Semper Eadem|06 Spleen|07 Duellum|08 Confession|09 A Une Passante|10 Elevation|11 Interlude|12 Black Pearl (Sascha Funk Remix)|13 Black Pearl (Jay Haze edit)|

Il faut croire que Berlin est La Mecque pour tous ceux qui font de la musique électronique. Il est inconcevable pour un acteur de cette scène de ne pas, au moins une fois, ne pas mettre les pieds dans la capitale Allemande. Ce n’est parfois qu’un pèlerinage ou on y choisit d’y vivre. C’est cette dernière solution qu’a choisi Marjorie Migliaccio pour vivre pleinement sa passion. Une passion qui ne l’empêche pas jouer à travers le monde puisque la jeune femme reste assez demandé. Pour son premier album elle aura su décrocher une place de choix sur le label de Jay Haze, Contexterrior. Black Pearl puise son inspiration dans les poésies de Charles Baudelaire et plus spécialement Les Fleurs Du Mal. Erotisme, décadence et mortalité sont les thèmes principaux que Bloody Mary a voulu retranscrire sur ce disque. Au premier abord le parallèle entre les deux œuvres n’est pas facile à faire mais il suffit de se mettre en condition pour transposer des écrits (et tout ce qu’ils représentent) du XIXème siècle à une musique du début du deuxième millénaire. Plus d’un siècle et demi les sépare mais Baudelaire peut être terriblement moderne pour peu qu’on assimile assez bien ses poèmes.

La tentative est risquée car on ne s’attaque pas à un mythe comme celui-ci sans en payer le prix. Disque nocturne, Black Pearl n’est peut-être pas aussi sombre qu’il aurait du être. Bloody Mary a voulu conserver un aspect clubbing à sa musique mais tout en diffusant un sentiment ambigu qui nous laisse penser qu’avec ce disque nous pénétrons dans des bas-fonds urbains dont on ne sait quand et comment nous pourrons en ressortir. Dans l’absolu Black Pearl est plutôt un bon album, soigné, qui ne s’éparpille pas et qui ne perd jamais de vue l’objectif initial. Avec une pochette ornée de décors art nouveau, le clin d’œil à l’époque de Baudelaire est consommé mais le contenu, lui, est résolument moderne et tient à le rester. Par bien des aspects la jeune française parvient à tenir son pari et à mêler les symboles de l’œuvre baudelairienne autour d’une techno minimale du plus bel effet. A noter également la participation de Sascha Funke et de Jay Haze qui se sont fendus chacun d’un remix de Black Pearl venant renforcer un album qui, en soit, est déjà une réussite.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 15-10-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/djbloodymary

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