.:.Chronique.:.

Pochette

Onodera, Yui

Entropy

[Trumn::2009]

Initialement paru en 2004 sous format cd-r et et édition limitée, Entropy se voit ici republié dans une version plus aboutie et avec un packaging qui a autrement plus de classe. Indisponible depuis un moment, cette nouvelle édition va nous permettre de découvrir un artiste Japonais qui, pour l’instant, n’était connu que par une poignée de personnes. Il faut dire que le genre qui mêle ambiant et drone sort difficilement du cercle des initiés. Ou alors il faut être signé sur une structure à haute renommée comme Touch pour voir son nom apparaitre ailleurs que dans des médias plus que ciblés. Il faut alors espérer que son passage chez le label Trumn amorce pour le Japonais un nouveau départ. Quoi qu’il en soit le thème de ce premier album est un sujet tout à fait universel : l’entropie. En dix pièces Onodera tente de donner une image, sans doute imparfaite, de ce que suscite le terme. Cependant, le caractère abstrait de sa musique laisse libre court à l’interprétation de l’auditeur. Onodera ne fait qu’ouvrir des pistes, amorce un début de réponse mais c’est bien à nous de nous poser les bonnes questions et d’adapter ces formes sonores à notre vision des choses. On pourra y croiser nos propres fantômes et s’imposer un questionnement profond sur ce qui nous entoure.

La musique apaisante d’Onodera n’est sans doute qu’un leurre. Implicitement elle cherche autre chose. Froidement, méthodiquement, tour à tour ambiant, dronesque et incluant un click’n’cut discret, Onodera développe cliniquement ses pièces monolithiques qui, à l’image de la pochette, sont à portée de vue de la brume, se plaçant au-dessus d’un paysage accidenté mais rassurant par sa beauté naturelle. Ainsi, Entropy, au-delà des belles qualités sonores qu’il nous propose, est un album avec qui on a une réelle familiarité. Cette notion d’introspection et d’apesanteur n’est sans doute pas nouvelle et Onodera ne fait sans doute que creuser un sillon déjà existant, mais notre homme fait les choses d’une belle manière, poursuivant son idée tout en essayant de se montrer aussi doué que ceux qui l’ont précédé. Au vu des 47 minutes que dure Entropy le pari semble être gagné haut la main. Rien ne semble altérer la musique du Japonais. Belle, assurée et hors de tout maniérisme. Nous n’avons besoin de rien d’autre.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 13-10-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/yuionodera

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