.:.Chronique.:.

Pochette

Pimmon

Smudge Another Yesterday

[Preservation::2009]

|01 Come Join The Choir Invisible !|02 Evil Household Ceremony|03 it Will Never Snow In Sidney|04 Don't Remember|05 Hidden|06 Dervieux|07 Oh Whollsee|08 Some Days Are Tones|

Les apparitions discographiques de Paul Gough aka Pimmon se font rares. Smudge Another Yesterday est, en effet, son premier disque depuis au moins cinq ans. Cinq ans depuis Still Important Somekind Not Normally Seen (Always Not Unfinished) et bien plus pour Secret Sleeping Birds qui avait laissé quelques traces dans les esprits. Pour être plus précis, il faut dire que les publications de Pimmon ont un peu de mal à parvenir jusqu’à nous. Pimmon n’a pas été silencieux pendant cette période mais ses disques sortis sur des labels confidentiels comme Cromim (qui n’est autre que la structure de l’Australien) ou Meupe n’ont pas eu l’écho escompté donnant ainsi l’impression d’une absence prolongée. Par conséquent nous sommes d’autant plus heureux, de ce vrai-faux retour, que ce nouvel opus est d’un très bon niveau. Alors qu’on est vite tenté de voir dans ce disque une tentative ambiante incarnée par Come Join The Choir Invisible ! on se rend rapidement compte qu’il sera beaucoup plus varié et dans un esprit davantage post-industriel et aux intonations d’une musique électronique nettement expérimentale. On nous prévient pourtant. Smudge Another Yesterday a comme leitmotiv d’être « une exploration de la chanson derrière le bruit ; les chuchotements secrets cachés dans ce qui est statique ». C’est sans doute pour cela que nous avons rapidement cette sensation de temps suspendu. Dans cette enclave dans laquelle on se sent protégé de tout élément perturbateur extérieur, Pimmon nous invite à découvrir des paysages sonores qui confinent aux grands espaces et dont les aspects presque cliniques vous détachent de toute réalité.

Comme prévu et contrairement à beaucoup d’albums où se mêlent nappes, click’n’cuts et drones divers, Pimmon s’efforce d’imposer une mélodie à ses compositions. Peu évidentes au départ, celles-ci s’imposent étonnement à nous, créant une symbiose quasi parfaite avec les effets électroniques expérimentaux dont la présence permanente donne ce caractère ambigu et mystérieux. Drôle de voyage, donc, que nous propose Pimmon. Un voyage au bout de l’obscur où cette musique létale se meut avec une aisance déconcertante. Que ce soit dans ses explorations vaporeuses ou noises, Pimmon reste fidèle à son idée de départ. Une idée fixe, obsédante que l’on partage volontiers avec lui. Ainsi, Smudge Another Yesterday est un album, certes, aux tendances abstraites mais tout en gardant un pied dans le concret. En tout cas il prouve que malgré son absence il n’a rien perdu de ses qualités premières. Quand quelqu’un parvient à rendre cohérent des espaces sonores abrasifs et apaisant, il va de soit que l’on ne peut que jeter une oreille attentive.

note : 8.5

par Fabien, chronique publiée le 04-10-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/pimmon

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