.:.Chronique.:.

Pochette

Bouhalassa, Ned

Gratte-cité

[Empreintes Digitales::2009]

|01 The Lighthouse|02 Urban Cuts - Montréal 1|03 Urban Cuts - Montréal 2|04 Urban Cuts - Las Vegas|05 Urban Cuts - Berlin 1|06 Urban Cuts - Berlin 2|07 mOrpheus - Orpheus'First Dream|08 mOrpheus - Orpheus Wakes Up|09 mOrpheus - The Train Station|10 mOrpheus - Alexanderplatz|11 Impulse|12 Songe Errant|

Depuis plus de vingt ans le montréalais Ned Bouhalassa occupe le terrain du monde de la musique électro-acoustique. Cela ne l’empêche pas d’être également connu dans le cinéma et la télévision pour qui il écrit beaucoup. Cependant, son parcours discographique est assez mince. De lui on connait l’album Aérosol sorti en 1998 sur Empreintes Digitales et quelques apparitions sur diverses compilations. Autant dire qu’un disque de Bouhalassa est une chose rare et qu’il est plus que souhaitable de ne pas passer à côté si on s’intéresse un tant soit peu aux musiques électro-acoustiques. Comme beaucoup de ses camarades, Bouhalassa a une attirance certaine pour les ensembles urbains qui, pour lui, est une émanation vivante qui trouve sa signification dans l’évocation des reliefs des gratte-ciels nord-américains ou européens. Pour ce faire, et il le dit lui-même, il agit comme un DJ, puisant dans un vivier sonore qui va de l’enregistrement environnemental à une orchestration qui fait justement référence à l’urbain. Ainsi Ned Bouhalassa s’installe au cœur de la cité mais, en même temps, il la surplombe, l’observe et la fantasme comme une histoire moderne faite de rebondissements et labyrinthique.

Gratte-cité est un disque qui attise la curiosité car à la différence de beaucoup d’albums de musique électro-acoustique, celui-ci sort des sentiers battus. En effet, il adopte sciemment des formes plus mélodiques et nettement moins abstraites. Gratte-cité est comme une déambulation. On traverse les grandes avenues mais on n’hésite pas non plus à pénétrer les recoins les plus sombres. De Montréal à Berlin, Ned Bouhalassa s’écarte des images d’Epinal et donne sa version de la vie urbaine. Une version qui est à mi-chemin entre l’utilisation de l’environnement et les musiques issues de la rue. Le Canadien touche souvent juste en créant une musique qui ne suit que ses propres règles. Gratte-cité est donc bien le relais d’une musique de son temps, un instantané qui ouvre un long champ de vision sur les villes occidentales. Une façon comme une autre de les vivre, de les appréhender, de s’en imprégner.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 26-09-2009

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