.:.Chronique.:.

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Wavves

Wavvves

[Bella Union::2009]

|01 Rainbow Everywhere|02 Sun Opens My Eyes|03 Gun In The Sun|04 Jetplane (Staying On A)|05 No Hope Kids|06 More Fur|07 So Bored|08 Summer Goth|09 Surf Goth |10 Goth Girls|11 Ghost Ramp|12 Killr Punx, Scary Demons|

Wavves est sans doute l’une des grandes interrogations de cette année. Entre ceux qui vouent un culte sans failles à ce deuxième album et ceux qui crient à l’imposture, il y a de quoi se poser quelques questions. La première chose à faire est de tout poser à plat et essayer d’avoir un peu de recul par rapport à ce brulant Wavvves. Pour commencer, Wavves est l’incarnation de la tête à claque qu’est Nathan Williams. Visage juvénile, look de skater attardé, Williams a tout du banal amerloque moyen mais, au contraire de tous les autres, il est issu d’une famille d’artistes (ses parents ont fait parti du groupe Summer Wind, groupe complètement tombé dans l’oubli mais peu importe) et, de fait, la musique est pour lui une seconde nature. Ce fan absolu de rap west coast s’est pourtant dirigé vers une tout autre direction. Comme par pure bravade, le charmant jeune homme s’est mis en tête de mettre sur pied un pop-noise-lo-fi la plus cradingue et bancale que possible. En soit on dirait une production de chez Paw Tracks et plus particulièrement d’Ariel Pink. La différence entre ce dernier Nathan Williams, c’est que, Ariel Pink, tout le monde s’en fout. Alors de deux choses l’une, soit on prend le projet Wavves comme celui d’un doux dingue, soit on le prend comme celui d’un génie qui, nécessairement, génère tout un lot d’incompréhension.

Il faut prendre position sur ce genre de disque. On ne peut se contenter de faire les choses à moitié et de répondre en Normand. A mon sens, Nathan Williams a tout d’un musicien instinctif, ne fonctionne que par éclair mais quand une idée lui survient il l’exploite à fond, poussant même jusqu’à l’extrême. Ainsi Wavvves n’est pas fait pour adoucir les mœurs ni même pour alimenter le courant pop qui ne sait, de toute façon, plus trop quoi faire de ses nombreux rejetons. La pop, Nathan Williams a choisi de la maltraiter, de la déformer, la mettre pour une fois en danger en lui cassant la gueule mais sans la mettre totalement K.O. Wavvves est un disque parfaitement utile car il permet une désacralisation d’un genre qui a été trop longtemps gangréné par des puristes intransigeants. Vous verrez qu’on va essayer d’étouffer l’affaire, de trainer l’américain dans la boue en jouant sur sa capacité à attirer les mornifles, ses faux bonds (cf l’épisode du Primavera de cette année), son côté ingérable. Wavves risque de devenir une cible. Aiguisez vos couteaux.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 23-09-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/wavves

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