.:.Chronique.:.

Pochette

Turzi

B

[Record Makers::2009]

|01 Beijing|02 Buenos Aires|03 Bombay|04 Bethlehem|05 Baltimore (Feat. Bobby Gillespie)|06 Brasilia|07 Bangkok|08 Baden Baden|09 Bogota|10 Bamako (Feat. Brigitte Fontaine)|

On l’aura attendu ce disque. A avait été l’une des belles surprises de 2007 et il était annoncé que celui-ci ferait parti d’une trilogie dont Romain Turzi avec évoqué dans une interview. Il laissait entendre ce à quoi allaient ressembler les suites de A. Romain Turzi parlait de « full acoustique » ou de « full électronique ». Manifestement, le projet « full acoustique » est reporté à plus tard. Alors « full électronique » ? Pas vraiment non plus. Si il nous avait prévenu que ce serait « un medley d’influences non convenues de Ravi Shankar à Manuel Göttsching en passant par Perrotin le grand et la messe pour orgue de Bach », on en est sans doute pas loin. Cependant entre ce qu’il nous avait annoncé il y a deux ans et le résultat final qu’est B, Romain Turzi et ses camarades du Reich IV ont eu largement le temps d’y apporter quelques modifications. Ce qui semble le plus évident est que l’ombre de Manuel Göttsching plane sur les expériences du versaillais. Krautrock, psychédélisme, emprunts au hard rock tendance black et planeries en tout genre sont les ingrédients principaux de B. Cependant, tout comme son prédécesseur, ce n’est pas forcément un retour en arrière que nous propose Turzi. Même si on devine assez aisément les influences du personnage, celui-ci sait rester également dans son époque. Turzi est à la frontière, s’appropriant un héritage riche et imposant une vision musicale portée vers l’avant. Ce qui ne change pas vraiment c’est cette intransigeance qu’on leur a toujours connu et qui place la formation sur un terrain certes dangereux mais passionnant.

Si B est un album enthousiasmant et plein de ressources il s’inscrit également dans une certaine logique qui a été entamé avec A. Turzi, poursuit ici son idée de départ, l’affine, la développe, lui donne de l’envergure. Pour un peu on pourrait penser que cela tourne à quelque chose de prétentieux. Cependant, il n’en est heureusement rien. Aux portes du mysticisme, B nous rappelle combien la musique est malléable et prompte à se laisser sculpter. On remarquera également les présences de Bobby Gillespie (Primal Scream) sur Baltimore et de Brigitte Fontaine sur Bamako. Deux prestations qui, pour le premier, donne une touche anglo-saxonne qu’on ne connaissait pas chez Turzi et, pour la seconde, offre un morceau messianique en guise de conclusion mais qui fait aussi office d’ouverture sur ce que risque d’être C, le dernier opus de cette trilogie. A ce moment précis Turzi ne peut plus reculer et se doit d’aller jusqu’au bout de ce projet qui n’a pas d’équivalent dans ce beau pays qu’est la France.

Ps : à défaut d’avoir un titre de B à proposer, voici de quoi réveiller vos souvenirs avec Amadeus tout droit sorti de A.

note : 8.5

par Fabien, chronique publiée le 21-09-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/turzi

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