.:.Chronique.:.

Pochette

Daisuke, Kashiwa

5 Dec

[Noble Records::2009]

|01 Red Moon|02 Requiem|03 Bogus Music|04 Taurus Prelude|05 Black Lie, White Lie|06 Silver Moon|07 Broken Device|08 About Moonlight|09 Aqua Regia|10 Beautiful Sunday|

Le problème d’albums comme 5 Dec c’est qu’ils sont toujours en but à l’incompréhension. Le fait de ne pas avoir de ligne directrice claire rebute et indispose tous ceux pour qui il est difficile de se retrouver dans un ensemble aussi disparate. Il faut dire que le Japonais ne prend pas de gants et que Red Moon, douce mélopée au piano qui débute cet album, est quasiment un leurre qui ne préfigure aucunement ce qui va se passer la suite. Requiem, qui lui succède, prend le contre pied et fait comprendre à chacun que 5 Dec ne sera pas une partie de plaisir ni même une niaiserie au piano qui tenterait vainement de suivre les pas d’un Wim Mertens ou d’un George Winston. Bien au contraire Daisuke intègre à ses parties au piano une musique électronique qui peut prendre des formes diverses. Qu’elle soit terroriste, noise, drum’n’bass ou de la forme click’n’cuts celle-ci transforme ou déforme toute velléité de bien être et de confort. Dans un univers qui touche autant au baroque qu’à l’avant-garde, Daisuke s’en donne à cœur joie et use d’exubérance pour bousculer le plus de choses possible et de susciter le maximum de réaction. A la limite, ce que fait Daisuke est quasiment de l’agit-prop et ne semble guère se soucier des conséquences.

En tout cas 5 Dec est un disque qui attire les superlatifs et qui a surement du faire saigner quelques oreilles. Ce qui est certain, et au vu de ce disque, c’est que Kashiwa Daisuke n’est pas homme à rester dans les mêmes sabots. Son côté hétéroclite, qui frôle parfois l’extrémisme, ne peut que laisser songeur ceux qui n’ont pas l’habitude d’une telle diversité. Il est difficile de dégager un but précis dans cet album mais quand on se penche attentivement sur la question une théorie peut alors prendre forme. Je ne dis pas que celle qui m’est venue est forcément l’exacte vérité mais elle est, au moins, le reflet de la perception que j’ai eu de 5 Dec. L’impression la plus forte est celle que 5 Dec traite des harmonies et des formes qu’elles peuvent prendre, comment elles peuvent être travaillées et sculptées. Sur chaque morceau il existe une trame au piano autour de laquelle Daisuke construit des univers sonores complètements différents, prouvant que tout est adaptable et transformable. Red Moon donne une idée de ce qu’aurait pu être l’album. Les morceaux suivants montrent ce qu’il aurait pu devenir si on avait suivi des voies différentes. Disque déroutant, certes, mais pas aussi inepte que ce que certains ont bien voulu laisser entendre.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 27-08-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/kashiwadaisuke

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