.:.Chronique.:.

Pochette

Morvan, Marc & Jarry, Ben

Udolpho

[Artisan::2009]

|01 Down Her Nest|02 A Man At The Frontier|03 Before You Say Goodbye|04 Emily|05 The Murder Of Our Neighbour|06 From The Lair Of The Desert King|07 Some Maginficent Days|08 The Magical Glove Of K.S.|09 On Your Back|10 The Photograph Of Gerry|

Il y a des rencontres qui doivent arriver. Non pas qu’elles aient été programmées mais, lorsqu’elles se font, il ne faut manquer ce genre d’instants quand elles se présentent. Marc Morvan, ancien leader de 3 Guys Never In, et le violoncelliste Ben Jarry (ex-Moesgaard mais toujours actuel Puanteur Crack) ont su saisir leur chance alors que rien ne les prédisposaient à travailler ensemble. Cela aurait également pu être l’histoire d’une collaboration ponctuelle ou sans lendemain mais le duo fonctionne depuis 2006 et Udolpho montre qu’ils ont de la suite dans les idées. Fort d’une formule minimaliste axé sur la voix de Marc Movan, sa guitare et le violoncelle de Jarry, les deux hommes ne seront épaulés que sur deux chansons par le violon de Carla Pallone de Mansfield.Tya déjà rencontrée aux côtés de Thierry Lecoq et de Faustine Seilman. Mais au-delà de la forme ce disque est marqué par song-writing raffiné qui trouve son origine dans un background qui n’a rien de très francophile. En effet, il nous suffira de traverser la Manche pour y trouver les racines de ce disque à la mélancolie drakienne. En ce sens Morvan et Jarry mettent en valeur leurs chansons tout en sobriété. Il n’est nul besoin d’en rajouter ni d’en faire des tonnes pour donner de la lumière à l’ensemble de ces compositions.

Et donc oui, Udolpho est un disque éclairé et éclairant car il se substitue à tout effet de style qui aurait inévitablement fini par le dénaturer. L’album coule de source, se vit comme une ballade printanière et amoureuse avec les idées vagabondes. Car il s’agit bien de cela en même temps. Pourtant il n’y a rien d’idéalisé dans les propos de Marc Morvan et Ben Jarry, ils sont même assez compliqués comme peuvent l’être toute relation entre deux êtres. Pour donner corps à ces textes, il fallait donc bien se cantonner à une économie instrumentale et à une ligne mélodique un peu fuyante mais dont la souplesse rappelle autant les efforts combinés d’un Bill Callahan et d’un Jim O’Rourke. Le duo s’est accaparé une justesse d’écriture et d’interprétation qui ne peut que faire remporter l’adhésion. On est même assez subjugué tant Udolpho est marqué par la grâce. Ce disque est généralement classé, sans doute faute de mieux, sous l’étiquette folk. Cependant il apparait assez évident qu’il a largement dépassé ce stade et que son caractère intemporel le place parmi les incunables de notre temps, dans le sens qu’Udolpho n’a pas d’âge et que sa beauté solaire nous le fait apparaitre comme un joyau conçu avec une minutie rare. Imparable.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 30-07-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/marcmorvanundbenjarry

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