.:.Chronique.:.

Pochette

Capece, Lucio & Vainio, Mika

Trahnie

[Editions Mego::2009]

|01 Ujellus|02 Juurake|03 Escapes|04 Hondonada|05 Valontuo|06 Hobojungle|07 Ahuyenta Temores|08 Sahalaitainen|09 Tolmavuo|10 Sigilo|11 Mañana|

Il me semble qu’il est inutile de présenter Mika Vainio. L’une des têtes pensantes de Pan Sonic s’est ici associé au jazzman multi-instrumentiste Argentin Lucio Capece qui s’est distingué à plusieurs reprises sur les scènes de la musique improvisée et expérimentale. On ne pourra pas dire que cette association coulait de source mais une telle rencontre a le potentiel pour créer de belles surprises. Enregistré à Berlin, lieu de villégiature de bon nombre de contorsionnistes du son, entre 2006 et 2008, Trahnie offre une combinaison de leur savoir faire marqué par une absence totale de mélodie et se concentrant sur des espaces confinés, expérimentaux et noisy qui ne peut que concerner les adeptes des musiques jusqu’au boutistes. L’effort de recherche est intense et fait preuve d’une belle inventivité. Le duo se limite quand à l’utilisation de leurs instruments préférant en user d’une manière qui se résume au strict nécessaire. Une fois de plus on pense ici à un essai post-industriel, une musique qui explorerait les friches et les vestiges des lieux industriels du vieux monde occidental qui s’est désormais tourné vers les nouvelles technologies.

Lucio Capece et Mika Vainio semblent ainsi montrer un monde agonisant mais qui porte en lui les armes nécessaires à sa résurrection. Trahnie est alors un disque froid, presque morbide mais occupe le terrain avec une force que l’on peut imaginer désespérée. Cependant, des deux hommes ne sont pas contre une certaine idéalisation du conflit qu’elle prenne la forme d’une explosion brutale et bruitiste ou sous les schémas minimalistes marqués par un sentiment de no man’s land ouvert à tous les vents. Ainsi, on reste sur le qui vive car le duo évite comme la peste les ressemblances et les chemins tout tracés. De la part des deux personnages il aurait été scandaleux qu’il en soit autrement. Son caractère hétérogène ne doit pas faire oublier que la volonté d’expérimenter des sonorités, non pas nouvelles, mais dépassant le cadre de la normalité (tant est qu’on puisse la définir) est bien son principal intérêt.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 21-07-2009

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