.:.Chronique.:.

Pochette

Gossip

Music For Men

[Columbia / Sony Music::2009]

|01 Dimestore Diamond|02 Heavy Cross|03 8th Wonder|04 Love Long Distance|05 Pop Goes The World|06 Vertical Rhythm|07 Men In Love|08 For Keeps|09 2012|10 Love And Let Love|11 Four Letter Word|12 Spare Me From The Mold|

Le succès inattendu de Standing In The Way Of Control a propulsé Gossip sur les têtes de gondole de tous les magasins de France, de Navarre et d’ailleurs. Désormais le combo de Portland n’a plus le droit à l’erreur. Le premier pet de travers et vous pourrez être sur que de bons esprits leurs tomberont dessus à bras raccourcis pour les démonter en bonne et due forme. Et c’est déjà un peu le cas avec ce nouvel album de Beth Ditto et de ses camarades. Alors bien sur Gossip est passé sur une major, ils ont fait appel à un producteur mainstream en la personne de Rick Rubin et ils ne sont peut-être pas aussi saignant que sur leurs disques précédents. Et alors ? Et alors c’est sans doute leur faire un mauvais procès et c’est une posture assez typique que de se méfier de tout ce qui peut marcher. Music For Men est pourtant leur album le plus abouti et porté par des morceaux qui n’ont rien à envier à ce qu’ils ont bien pu faire avant. Bester Langs de l’excellent webzine Gonzaï se posait la question suivante : Gossip serait-il moins connu si le physique improbable de Beth Ditto avait été différent ? Le chroniqueur vitriolant répond par l’affirmative et je suis assez d’accord avec lui mais il serait également bon de faire abstraction de cela pour voir ce que vaut vraiment Gossip et si leur succès n’est pas surestimé, voire usurpé.

Dans l’absolu, Music For Men n’est pas un coup d’épée dans l’eau. Et si on s’en tient uniquement à la musique, Gossip est un groupe qui sait y faire. Dimestore Diamond, avec son rythme binaire, fait sans doute office d’introduction puisqu’on retrouve tous les ingrédients qui ont fait la célébrité de la formation dans des morceaux comme Heavy Cross, 8th Wonder, 2012 ou Spare Me From The Mold. Avec son disco-funk-rock détonant, Gossip n’a rien perdu de sa vitalité et enfonce même le clou montrant à ceux qui les attendent au tournant qu’ils ne se sont pas laissés aller au conformisme et à une arrogance formelle due à leur nouvelle notoriété. En soit Gossip reste Gossip et c’est peut-être cela qui énerve. Pour l’instant leur parcours est tout à fait estimable et ne connait pas de réelle déconvenue. Le passage de Kill Rock Stars à Columbia n’a finalement pas changé grand-chose et le trio préserve toute sa fraicheur. Pour leur dixième année d’existence c’est plutôt appréciable.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 14-07-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/gossipband

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