.:.Chronique.:.

Pochette

Mikhail

Morphica

[Sub Rosa::2009]

Des packaging comme celui là on n’en reçoit pas tous les jours. Enveloppée dans une longue pochette plastique argentée se trouve une rosace en carton qui contient les trois disques qui composent Morphica. Ajoutez à cela une carte postale présentant le visuel de l’album et les participants à ce projet particulier ainsi qu’un livret dépliant comprenant plusieurs textes explicatifs. Un bien bel objet qu’on ose à peine ouvrir de peur de l’abimer définitivement. Cependant, il faut bien s’y résoudre pour découvrir toute la teneur de Morphica. D’ailleurs, ce titre, on peut le comprendre comme la contraction de Morphing Orphica. Orphica est le premier album de Mikhail Karikis, grec établi à Londres, qui s’est fait remarqué par la critique. Morphica est comme son extension mais notre homme ne voulait pas entreprendre un album classique de remixes. D’où cette idée de morphing, de transformation mutante qui prend ici trois orientations différentes. Le premier cd est essentiellement axé sur des expérimentations électroniques, le second porte sur les voix alors que le dernier disque se penche sur les cordes. Une triple relecture qui ne s’est pas faite sans mal étant donné le nombre important de participants à ce projet.

Plus qu’un album de remixes où chacun peut aller à sa guise, Morphica est plus une œuvre faite de collaborations que Mikhail orientent selon ses propres idées. De plus, le Grec s’est permis d’inviter des artistes qui ont déjà fait leurs preuves et qui apparaissent même comme des références dans leurs domaines respectifs. Ainsi on retrouve des gens comme DJ Spooky, Ro(b)urang, Paul Abbott, Telekaster, l’Alamir Choir (composé, entre autre, de membres de l’Hilliard Ensemble), le Juice Vocal Ensemble, E :laine… On pourrait rentrer dans le détail de chaque album mais on se rend compte, finalement, que les disques arrivent à se compléter l’un l’autre. Dans l’ensemble, Morphica garde une connotation assez organique, ample, assez proche, parfois de l’univers d’une Björk (pour qui il a déjà réalisé un remix d’ Army Of Me). Sans approcher le pur génie, Karikis démontre qu’il possède une vision musicale propre et qui se doit d’être développée à fond. Si tout n’est pas forcément à la hauteur de ce qu’on aurait pu espérer, il faut reconnaitre que Mikhail à de la suite dans les idées et que Morphica est une métamorphose plutôt réussie.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 08-07-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/mikhailmusic

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