.:.Chronique.:.

Pochette

My Name Is Nobody & The Desert Foxes

The Mentor

[Collectif Effervescence::2009]

|01 Doom|02 7 am Train|03 Strange|04 Andrea|05 The Sea Sprays|06 A Tree A Home|07 The Mentor|08 Changing Life|09 Miklos|10 Down In The City|11 Stars Are Falling|12 Harvest & Wine|

On ne s’attendait pas forcément à avoir aussi vite des nouvelles de My Name Is Nobody. Déjà auteur l’année dernière d’un magnifique At The Wolf Pit, Vincent Dupas nous était revenu avec Fordamage avec un Belgian Tango haut en couleur. Ce dernier n’ayant même pas pris le temps de refroidir que MNIN sort un nouvel opus qui continue l’exploration americana de ses prédécesseurs. Parce que oui, ce n’est pas parce qu’au sein de Fordamage il fait du math-rock que Vincent Dupas doit se sentir obligé de faire la même chose avec son projet solo. Pour autant la démarche reste un peu la même. En effet on constate chez Vincent Dupas un investissement sans faille et ne cède pas à la facilité d’une musique consensuelle. Il n’empêche que ce nouvel album puise une force émotionnelle insoupçonnée et qui rappelle les grandes heures d’un Will Oldham ou d’un Bill Callahan. Serait-il un de leur fils spirituel ? On peut évidemment le considérer comme tel mais MNIM n’est sans doute pas de ceux qui tiennent absolument à la figure paternelle. Notre homme suit sa propre voie en prenant garde de ne jamais trop bifurquer vers des territoires trop souvent visités.

Avec l’aide de The Desert Foxes (composé de Faustine Seilman, Erwan Fauchard et Franzl O’Gautreau), avec qui Vincent Dupas a l’habitude de travailler, Jérôme Lorichon, Vassili Caillosse et Bruno Green, pour la production, MNIM assume une musique plus orchestrée a qui on a apporté une bonne dose d’électricité. L’acoustique de At The Wolf Pit a nettement moins le dessus, voire même pas du tout, sur The Mentor. Un morceau comme 7am Train est d’ailleurs l’un des meilleurs exemple de la direction prise par le nantais. La guitare y est lourde, un peu sale et se partage entre mélancolie crépusculaire et envolée émotionnelle. En tout cas il n’est plus question d’intimité ici. The Mentor franchit un palier en donnant une ampleur insoupçonnée au songwriting de MNIM. L’album est éclatant, se laissant aller sans retenue comme un aveu délivré avec une passion dévorante. Cependant MNIM se sent encore le besoin de regagner un peu de sérénité et des morceaux comme The Sea Sprays et A Tree A Home semblent nécessaires. Dès lors, The Mentor apparait comme un album abouti avec ses ambivalences mais celles-ci sont mesurées et maitrisées pour bien faire comprendre que son auteur est le seul maître et qu’il ne se laisse pas submerger. On connaissait les talents d’écriture de Vincent Dupas. A présent il faudra compter sur lui aussi pour sa capacité à se ré-inventer au fil de ses disques.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 12-06-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/mninmusic

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