.:.Chronique.:.

Pochette

Peters, Michael

Impossible Music

[Hyperfunction::2009]

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Qu’est-ce que la musique algorithmique ? Si on veut faire simple on dira que c’est une musique qui est généré par un processus mathématique. Basé sur les travaux des physiciens Igor Gumowski et Christian Mira sur les systèmes dynamiques non linéaires, Impossible Music serait sans doute fastidieux à expliquer si on devait rentrer dans les détails. Tout le monde n’est pas féru de mathématiques et retranscrire ici les équations ayant servis de terreau à la conception de ce disque ne rendrait service qu’à peu de personnes. Pour ceux que ça intéresse vraiment, tout le processus est amplement expliqué sur le site de Michael Peters. Ce dernier, guitariste à la base, a cotoyé des légendes comme Robert Fripp (King Crimson) et a largement été influencé par les avant-gardistes que sont Fred Frith, Eivind Aarset ou David Torn. Pluridisciplinaire, notre homme ne s’est pas arrêté à l’exploration des possibilités de la guitare. Ouvert à la musique ambient, au field recording ainsi qu’au cut-up, l’Allemand s’est, en 30 ans de carrière, attaché à varier les plaisirs et s’offrir des possibilités de céations nouvelles. Avec Impossible Music, c’est une nouvelle porte qu’il ouvre, puisqu’à cette occasion, il a même créé, avec Markus Reuter, le label Hyperfunction dédié aux musiques algorithmiques.

Générés par un logiciel créé spécifiquement pour l’occasion, les seize pièces qui composent Impossible Music ont tout à fait ce caractère mathématique et dynamique voulu par Michael Peters. Contrairement à ce que l’on pourrait penser ce disque est loin d’être rébarbatif. Avec ses aspects très mécaniques, il n’en demeure pas moins que Impossible Music se rapproche de ce qu’on a appelé les musiques nouvelles et, pourquoi pas, de la musique contemporaine. Quoiqu’il en soit cet album est bien plus facile d’accès qu’il n’y parait. Il faut sans doute avoir un peu de vécu dans les musiques parallèles et savantes mais, dans l’ensemble, il n’y a pas de grandes difficultés d’assimilation. Impossible Music, par son côté minimaliste, reste fluide bien qu’adoptant des formes sonores géométriques. La démarche, quant à elle, mérite d’être explorée plus avant. En étant la première référence du label Hyperfunction, Impossible Music ouvre une porte qui, jusqu’ici, peu avaient osé toucher.

PS : la vidéo ci-dessous n'est en rien représentatif de Impossible Music mais elle permet de se donner une idée des capacités de Michael Peters.

Indistinguishable from Michael Peters on Vimeo.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 05-06-2009

A voir également :

http://www.hyperfunction.org

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