.:.Chronique.:.

Pochette

Secret Society, The

I Am Becoming What I Hate The Most

[Acuarela::2009]

|01 Lifetime Compremise|02 Lights On Don't Mean I'm Home|03 Life Vest Under Your Seat|04 To My Mothers|05 The Beautiful Struggle Of All The Small Things|06 Do You Ever Feel Ridiculously Sad ?|07 A Picture With Fingerprints |08 We Don't Have Idols, Yet|09 At Home With Your Daughter|10 I See Monsters|

Il y a trois ans de cela The Secret Society avait su se faire remarquer avec un album solide. Sad Boys Dance When No One’s Watching avait plutôt eu bonne presse et confirmait une fois de plus le flair du label espagnol Acuarela. Ce nouvel album devrait faire comprendre à tout le monde que le premier essai de la troupe (aléatoire) de Pepo Marquez n’était pas une aventure sans lendemain. Grand bien nous fasse et c’est un quasi soulagement quand on écoute I Am Becoming What I Hate The Most. Un titre qui ne porte pas franchement à l’optimisme mais il reste dans la droite lignée de son prédécesseur. Pepo Marquez est sans doute assez attiré par les travers humains et cela se ressent dans sa musique. Comme un besoin d’exorciser ses peurs et ses défauts le madrilène met en avant toute sa sensibilité. Sans trembler, ni même en se présentant en état de faiblesse, notre homme livre ses instants de vie avec assurance et un sens inné de la mélodie juste. A côté de cela, il est accompagné efficacement par Andrès Perruca (El Niño Gusano) et Javier Vicente (Big City) qui le suivent fidèlement sur ce disque sans faire de vagues ou essayer de tirer la couverture à soi. Le seul bémol, et encore, que l’on pourrait attribuer à ce disque est ce chant presque neutre, un peu timide qui manque d’envergure et parfois de chaleur. Cependant c’est aussi une caractéritique de pas mal de groupes indie espagnols qui, comme par hasard, appartiennent souvent à l’écurie Acuarela (Sr.Chinarro, Refree).

Si les sociétés secrètes ont l’habitude de vivre dans l’ombre ce groupe là s’épanouit en pleine lumière. Disons plutôt qu’il se partage entre les deux. Disque ombrageux, qu’il se dirige vers l’électrique ou l’acoustique c’est toujours le même sentiment qui prédomine. On se laisse avoir par cette fausse nonchalence, cette fausse naïveté mais aussi par le caractère un peu désabusé, meurtri et désespéré que laisse vagabonder Pepo Marquez sur ce disque. On ne sent pourtant pas d’aigreur, d’auto-flagellation (bien que le titre pourrait le faire penser) ou d’égarements morbides. The Secret Society décrit simplement la vie telle qu’elle est, dans toute sa complexité. Que le regard porté par l’Espagnol soit lucide ou pas importe peu finalement. Ce qui compte vraiment est que celui-ci réussit à faire passer en avant ses sentiments rendant I Am Becoming What I Hate The Most touchant. The Secret Society transforme donc l’essai que fut le déjà très abouti Sad Boys…. Dans la lignée d’un Songs : Ohia, Pepo Marquez est en train, en l’espace de deux disques, de devenir incontournable. A vous de ne pas passer à côté.

note : 8.5

par Fabien, chronique publiée le 03-06-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/lasociedadsecreta

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