.:.Chronique.:.

Pochette

Dalessandro, Billy

Polis

[Soniculture/Kompakt::2009]

|01 Institution|02 Callgirl|03 Nanomachines|04 Joust|05 Infatuate|06 Barnacles|07 Alphasex|08 Inthered |09 Escapement|10 Acidburn|11 Inebriate|12 Only Your Touch|

A force d’écouter et d’explorer des genres différents on passe fatalement à côté d’artistes qui, pour ceux qui se sont spécialisés, ont une réputation bien établie et qui passent pour incontournables. Si Billy Dalessandro a ce statut, cela peu paraitre un peu flou pour celui qui vient de le découvrir. C’est mon cas. Dans cette situation on appréhende assez mal toute l’importance du personnage. Au mieux on peut poser sur lui un regard neuf, sans à priori et préjugés désabusés. A l’inverse, et c’est un inconvénient presque majeur, on ne sait rien de ses expériences passées et il est difficile d’avoir le moindre point de comparaison avec ses précédentes productions qui sont, faut-il le rappeler, nombreuses. Alors, avant d’entamer tout travail critique, on se renseigne, on glane des informations, histoire de cerner un peu mieux le sujet qui nous occupe.

Connu sous d’autres alias (Huge Hephner, Tyrone), Dalessandro n’en est donc pas à son premier coup d’essai. Si le bonhomme a déjà sorti une quantité appréciable de maxis, Polis est son quatrième album. Sous ce titre il entend porter un regard particulier sur la ville en tant que telle. Pourtant le concept de Polis n’est pas, dans son sens premier, celui d’un ensemble urbain mais plutôt une communauté qui regroupe des citoyens. Ce n’est que par extension qu’on comprend le terme Polis comme une ville. Mais peu importe après tout, c’est bien le thème de la ville qui intéresse le DJ de Chicago. La ville dans tout ce qu’elle exerce comme attractions, comme mouvements et comme évolutions architecturales, a été une source d’inspiration pour ce disque. Déjà adepte d’une techno minimale qui a fait ses preuves, Dalessandro enfonce ici le clou avec une musique qui colle parfaitement avec l’idée que l’on se fait d’une cité moderne, tentaculaire, sombre et lumineuse en même temps, qui grouille de vie et où tout va trop vite. Polis est ainsi fait, sans temps mort, résolument dans son époque et répondant parfaitement aux codes précis de la minimale. Un peu de noirceur, donc, des rythmiques répétitives, lancinantes et dansantes et le tour est joué. Dalessandro est même un orfèvre en la matière. En soit Polis est un album où l’ennui est aux abonnés absents mais il est tout aussi évident que Dalessandro fait plus parti de ceux qui parviennent à nourrir le genre sans le désservir plutôt que d’appartenir à la caste, certes très restreinte, de ceux qui le font évoluer.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 26-05-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/billydalessandro

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