.:.Chronique.:.

Pochette

Reza

Moonless

[French Toast::2009]

|01 Why ?|02 Child|03 Rain|04 Desert Land (feat. H-Burns)|05 The Letter|06 Falling From Grace|07 Back Home|08 Boozer's Talk II|09 Grey Window|10 Waiting|

Il n’est pas toujours évident de se trouver un nom de scène. Pourtant les possibilités sont infinies mais il s’agit toujours d’en trouver un qui vous colle à la peau. Parfois il n’y a pas besoin d’aller bien loin pour avoir un nom qui vous corresponde. C’est sans doute ce que s’est dit Reza Hatami en donnant son prénom au projet musical qu’il a lui-même mis sur pieds. Entouré de trois autres musiciens (Pierre-Jean Grappin, Boris Kohlmayer, Gonzague Octaville), Reza Hatami se penche amoureusement sur les vicissitudes de la vie grâce à une pop-folk pleine de clarté et de décontraction. Très classique dans la forme, flirtant parfois avec la country, se sauve grâce à la voix grave, nonchalante et très présente du franco-iranien et des chansons qui tiennent largement la route. D’ailleurs en parlant de ça, on peut bien imaginer, en écoutant Moonless, être sur la route 66, en décoptable, sous un soleil écrasant. Moonless respire l’Amérique profonde, celle des grands espaces et des plaisirs simples. Reza n’est pas dans la sophistication mais plus dans un échange humain où on peut se laisser aller, avec philosophie, à regarder la vie avec d’autres yeux.

Le plus grand défaut de Moonless, et a fortiori de Reza, est son trop grand classicisme. Rien, dans ce qu’ils font ne se démarque vraiment de groupes comme Giant Sand, Tarnation, Red House Painters ou de leurs modèles revendiqués que sont Léonard Cohen ou The Go-Betweens. Pour leur défense, on pourra arguer que Reza, quitte à faire les choses dans les règles, le fait avec une belle application et un talent certain. Le quatuor est solidement armé et n’a aucune faute de goût à mettre à son profit. Moonless, bien qu’il ne soit pas transcendant, s’écoute pourtant avec un certain plaisir. Il nous permet de respirer et de se poser un peu. Pour ceux qui ont un peu d’affection pour les artistes cités un peu plus haut, il va de soi que l’acquisition de ce disque ne pourra engendrer la moindre déception. Reza est fidèle à une certaine tradition qui ne laisse que peu de place à la fantaisie. Mais là n’est pas l’important. Il ne s’agit pas ici de chercher le riff qui tue ou le passage pop ultime mais bien de s’évader et de rêver en dehors de quatre murs. L’essentiel est sauf.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 25-05-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/rezasongs

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