.:.Chronique.:.

Pochette

K-Branding

Facial

[Humpty Dumpty Records::2009]

|01 Nubian Heat|02 Ländler|03 Antisolar Point|04 Curse Of Small Faces|05 Nieu-Latyn|06 Reazione A Catena|07 Africanurse|08 Der Morgen Kommt|09 Triptych Part Two|10 Take Your Hat Off|

Ecouter un peu de jazzcore ne fait pas de mal. Ecouter K-Branding fait carrément du bien. Facial est le premier album de ce trio belge, qui avait déjà à son actif plusieurs démos, et dont la réputation s’est forgé à l’époque où leurs membres évoluaient dans un sextet de musique improvisée du nom de The Monday Guys. Avec K-Branding, Grégory Duby, Vincent Stefanutti et Sébastien Schmitt durcissent le ton en apportant aux sonorités jazz toute la puissance et la furie des formats industriels, noise, no wave et hard-core. Sans aller par quatre chemins, Facial est un disque hautement radical. Nubian Heat qui ouvre l’album ne prends même pas la peine de préparer l’auditeur. On prend tout de suite de plein fouet cette furie sonore, à la fois tribale et apparaissant subitement comme un déchainement free et noisy. Usant d’une basse lourde au son sale, une batterie volubile mais largement autoritaire, d’un saxo fou emportant tout sur son passage et de textures sonores abruptes qui finissent de remplir un espace déjà bien occupé, K-Branding impressionne de bout en bout. On pense alors a des groupes comme Blurt quand on les écoute, mais un Blurt plus violent, plus rapide et plus incisif.

Nous avons besoin d’albums comme Facial car, manifestement, ils se font rares. L’africanisme, par son côté tribal et répétitif, est assumé entièrement par le groupe qui se complait vraiment dans cette forme musicale. Les morceaux qui rendent la chose la plus évidente sont assurément Nubian Heat, Africanurse et, dans une certaine mesure, Der Morgen Kommt. Mais le véritable tour de force de K-Branding réside bien dans cette symbiose entre l’influence africaine (venant très certainement du free-jazz) et celle, plus brutale, de l’industriel, la no wave, la cold, bref toutes musiques nettement déviantes qui ont imposé de nouveaux codes aux débuts des années 80. Ce n’est pas la première que les cultures africaines et européennes se rencontrent et s’unissent mais, ici, la performance réalisée est poussée jusqu’à l’extrême. Si l’album n’est pas fait que de violences explosives, des séquences « apaisées » viennent s’intercaler, personne ne pourra nier toute la puissance qu’il dégage. A l’instar de la cover de l’album, Facial est un disque qui fait peur autant qu’il fascine. Des groupes qui exercent ainsi une attirance presque malsaine ne sont pas si nombreux que cela. K-Branding en fait partie et cela se justifie par un Facial à la force inouïe.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 22-05-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/kbranding

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