.:.Chronique.:.

Pochette

Le Coq

D'Arradon

[Arbouse Recordings::2009]

|01 L'Ennui Me Convient|02 Des Bras A Bas Prix (Part 1)|03 Des Bras A Bas Prix (Part 2)|04 Décembre|05 Dimanche De Chien|06 Afro Project|07 Je Sais Faire Tomber La Neige|08 King Kong|09 Le Verre|10 Pas D'Apparat|

Le successeur de Tête de Gondole s’est presque fait attendre. Mais peut-être était il nécessaire de prendre son temps pour donner une suite à un disque qui, pour beaucoup (moi compris, puisque j’étais même allé jusqu’à le qualifier de « grandiose »), avait atteint un certain niveau d’excellence. Cette fois-ci le néo-nantais s’est donné les moyens de ses ambitions. Travaillant souvent en petit comité, Le Coq a choisi, cette fois-ci, d’étoffer son équipe. Si on retrouve Charles-Eric Charrier (Oldman) déjà présent sur Tête de Gondole, de nombreux musiciens sont venus prêter main forte pour D’Arradon. Ainsi ont participé Jonathan Seilman (This Melodramatic Sauna), Luc Rambo, Erwan Dacquin, Mathieu Pichon, Carla Pallone, Marc Morvan, Ben Jarry, Remy Leblanc-Messager et Mathieu Normand. Bref, que des musiciens qui participent activement à une scène nantaise qui ne s’est jamais aussi bien portée qu’aujourd’hui. Drôle d’époque. Alors qu’une grande psychose touche dramatiquement bon nombre d’entre nous, il se trouve des types comme Le Coq pour faire une apologie de l’ennui , approche l’ivresse et s’intéresse de prêt aux sentiments humains plutôt qu’à un matérialisme économique qui dépersonnalise et avilie au plus haut point. De fait, D’Arradon est un disque qui parle de lui, de nous, se détache des affres du temps présent et se réfugie amoureusement ou cyniquement (Des Bras A Bas Prix) dans les relations avec les autres.

D’Arradon est surement le projet le plus ambitieux que Le Coq a mené jusqu’ici. Tout le démontre. Musicalement riche , D’Arradon impressionne également par ses arrangements hors-pairs fait de clair obscur et d’envolées à faire gonfler le torse (King Kong). Sans contestation possible nous avons ici le meilleur album de Le Coq et, à y regarder de prêt, il n’est pas certain que beaucoup puissent approcher un tel niveau de limpidité. Déjà sur Tête de Gondole je soulignais le fait que Le Coq brisait le cou à cette nouvelle chanson Française dont l’ennui et la pauvreté est l’une des grandes arnaques de ce début de siècle. Avec D’Arradon aucune marchandise avariée, rien qui puisse vous donner la nausée ou l’impression de s’être fait rouler dans la farine. Majestueux mais restant maîtres de leurs émotions, Le Coq et ses camarades viennent de nous livrer un bijou musical dont il est difficile de dire aujourd’hui quelle en sera la portée. Lionel Delamotte, dans sa chronique pour Chronic’Art, espérait que le cas Le Coq fasse des émules. Ce serait, effectivement, une belle revanche et une satisfaction à s’enfler les chevilles comme jamais. Mais ne rêvons pas. Les types comme Le Coq sont sur une île et ne sont appréciés que par ceux qui veulent écouter autre chose que les sempiternelles salades nombrilistes au gout douteux. Heureusement la sphère d’influence de Le Coq dépasse les frontières et le bonhomme sait se remettre en question. Quelqu’un de rare, finalement, pour un disque qui l’est tout autant.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 12-05-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/lecoqmusic

http://www.arbouserecordings.com

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