.:.Chronique.:.

Pochette

Pixel

The Drive

[Raster-Noton::2009]

Après deux essais plutôt réussis (Display et Set Your Center Between Your Parts In Order To) Jon Egeskov nous revient avec The Drive qui est sensé être la bande son « d’un voyage imaginaire en voiture à travers les Etats Unis ». Vu les penchants minimalistes de Pixel, ce road movie ne peut s’imaginer que d’une manière quasiment détaché de tout élément extérieur, comme si tout ce qui vient du dehors n’a aucune incidence sur l’environnement calfeutré du véhicule dans lequel on se trouve. On voit juste les paysages défiler avec comme seul fond sonore la musique de Pixel, sobre, étirée, répétitive et évolutive. Mais ce voyage, aux ambiances cliniques, est un peu inquiétant car son côté un peu autiste donne une image faussée de l’idée que l’on se fait en général d’un road movie. Mais peut-être est-ce le fait que ce soit un album de musique électronique minimale, faite essentiellement de glitch, de guitare amplifiée et de séquences abstraites, qui apporte la confusion. L’approche est donc bien différente des formats habituels. Pour appréhender ce disque et son concept il est même souhaitable d’oublier les référents les plus classiques associés à ces longues errances solitaires.

Ainsi The Drive ne cherche pas à ressembler aux autres disques qui ont exploré cette veine. Bien au contraire, Jon Egeskov donne une définition différente de la chose qui, jusqu’ici n’avait jamais vraiment été proposée. Sur le principe on pourrait prendre The Drive comme un album de musique électronique abstraite comme il peut en sortir régulièrement sur Raster-Noton, Touch, Staalplaat ou 12k. Cependant, Pixel donne à sa musique une dimension presque irréelle par rapport au thème abordé. Les guitares amplifiées sonnent ici comme le bruit sourd du moteur d’une voiture. Le son qu’elles émettent est distendu, ronronnant et lancinant. A la limite on n’entendrait quasiment que ça si les formes électroniques ne venaient pas en renfort. Ces dernières apportent du rythme, du mouvement et ordonnent clairement les changements d’orientation comme si elles évoluaient en fonction des paysages traversés pendant le voyage. En somme, The Drive offre bien une musique qui avale le bitume mais pas de la manière dont on pouvait se l’imaginer au départ. L’expérience est certes plus expérimentale mais elle n’est pas dénuée d’intérêt.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 11-05-2009

A voir également :

http://www.pixelmusic.dk

http://www.raster-noton.net

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