.:.Chronique.:.

Pochette

Daniel Paboeuf Unity

s/t

[! Editions / Harmonia Mundi::2008]

|01 Bacchanales|02 Profondément|03 Mardi|04 L'Etincelle|05 L'Excavateur|06 I'd Lost My Soul|07 Ascensionnel|

Daniel Paboeuf a pas mal bourlingué. De Marquis De Sade à Dominique A, en passant par de multiples projets (X Mas X, Trunks ou Il Monstro), le Rennais a largement occupé la scène des musiques obliques. Il en va de même pour ses camarades qui, avec lui, forment le Daniel Paboeuf Unity. Avec Régïs Boulard, David Euverte et Miss Bomb H, Daniel Paboeuf a sorti en 2008 un album de jazz hybride qui n’a été repéré que par une poignée mais qui, pour la plupart, sont tombés sous le charme iconoclaste de leur musique. D’ailleurs ce disque est l’évidence même, échappant à tout univers cloisonné et se permettant une liberté de ton qu’on ne retrouve pas forcément partout. Dans l’idée, le Daniel Paboeuf Unity ne se refuse rien. Si le fond est jazz, les ajouts d’horizons divers sont monnaie courante ici. Ainsi, déviance électronique, épanchements rock, rythmiques bruitistes, essais krautrock ou exploration improvisée sont des ingrédients nécessaire à l’existence même de la musique du groupe. Daniel Paboeuf Unity a été créé avec cette volonté de réveiller les sens et les faire réagir aux différentes variations sonores et mélodiques du groupe. En tout cas c’est que l’on ressent chez eux : une capacité à bousculer l’auditeur mais aussi à le passionner corps et âme.

Œuvre d’ouverture qui allie complexité et richesse sonore, ce premier disque du Daniel Paboeuf Unity est également d’une incroyable souplesse. Et cela est loin d’être toujours le cas dans le jazz moderne. Seuls ceux qui ont su se rendre intéressant sont les formations ou les artistes qui ont su opérer des mutations radicales et portées sur des formes nouvelles basées sur le risque. Daniel Paboeuf Unity en est là et renoue avec ces anciennes générations qui osaient aller de l’avant et se permettaient de briser les rêgles établies. Force était de constater que ces dernières années, nous étions retombés, à quelques exception près, dans un ronronnement artistique qui n’offrait rien d’autre qu’une mise en boite sécurisée du jazz. Ainsi ce disque est quasiment un soulagement. Un soulagement pour le jazz mais aussi pour la musique en général. En effet, Daniel Paboeuf Unity prouve que certaines limites peuvent encore être repoussées et qu’un genre peut être remodelé si l’on s’en donne les moyens. Tout ce qu’on espère c’est que d’autres leur emboiteront le pas et que ce disque ne soit pas, finalement, une exception moderne au milieu des classiques.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 07-05-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/dpunity

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