.:.Chronique.:.

Pochette

Nilsen, BJ & Stilluppsteypa

Man From Deep River

[Mego::2009]

Quatrième collaboration entre BJ Nilsen et le duo Stilluppsteypa. Après que nous nous soyons penché sur l’éthylique Drykkjuvisur Ohljodanna, a été publié un Passing Out qui nous est passé complètement sous le nez. Ceci étant, Man From Deep River reste une première puisqu’ il est le premier disque à paraitre sur Mego, les trois précédents étant sortis inconditionnellement chez The Helen Scardale Agency. Divisé en trois pièces ce nouveau disque est à nouveau l’expression d’un concept centré sur l’humain et sa difficulté à appréhender ce qui l’entoure et selon ce que les circonstances exigent. La chose est présentée de manière un peu plus mystique sur le site de Mego mais l’idée centrale semble bien être celle-ci. Album oppressant et profondément sombre, Man From Deep River n’est pas très loin du malsain. Les longues explorations ambiants légèrement teintées de noise, de fonds sonores environnementaux et appuyées par quelques passages mélodiques post-industriels offrent une intensité qui ne démérite pas par rapport à leurs efforts antérieurs. Largement hétérogène, Man From Deep River, peut s’avérer déroutant pour n’importe quel quidam habitué aux nappes ambiants plus droites et plus propres.

Si l’architecture globale de cet album a été basé sur ce que BJ Nilsen et Stilluppsteypa ont pu entendre sur d’improbables bandes magnétiques datant de 1975, les développements sont, quant à eux, tirés des capacités d’improvisations et de création des artistes. Particulièrement inquiétant, nous sommes sans cesse sur le qui-vive, attentif à tous les changements (nombreux) de directions opérés par le trio. Man From Deep River peut provoquer un certain malaise mais cela ne doit pas être une réelle surprise pour l’auditeur qui a déjà eu l’occasion de se confronter à leurs œuvres. En effet, Drykkjuvisur Ohljodanna offrait déjà ce genre de sentiment et il est probable que les deux autres opus (Vikinga Brennivin et Passing Out) soient bâtis sur le même terreau. Même si ce genre de disque peut susciter une certaine forme d’incompréhension cela reste une expérience forte, un voyage intérieur qui vous fait aller jusqu’au bout de vous-même. Cela ne se refuse pas.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 05-05-2009

A voir également :

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