.:.Chronique.:.

Pochette

Winderen, Jana

Heated : Live In Japan

[Touch::2009]

L’océan a toujours été source d’inspiration pour bon nombre d’adepte d’une musique électronique expérimentale et ambiante. Jana Winderen, qui a fait parti de Spire, Freq_Out et Field, a été happé, elle aussi, par l’appel du large. Enfin, c’est ce que la musique qui est entendue sur Heated laisse deviner. Après une courte introduction de Tetsuro Yasunaga (Minamo), Jana Winderen développe du field recordings fantomatique et dont la lenteur fait penser à ces grands navires qui se frayent lentement un chemin à travers les glaces Arctiques et perçant un épais brouillard ou alors à ces sous –marins massifs qui se déplacent avec une assurance inquiétante. Cette pièce d’un peu plus de 26 minutes a été improvisé lors d’un live au Super Deluxe de Tokyo en 2008. Usant d’hydrophones et de sons environnementaux enregistrés successivement au Groenland, en Islande et en Norvège, fait passer l’océan pour ce qu’il est en surface. En effet, il ne serait qu’une immensité désertique autour duquel des éléments climatiques hostiles et froids viennent se positionner. Heated n’est pas un album aussi organique que ce que l’on aurait pu croire. Bien au contraire, il développe cette idée que les fonds marins et ce qui peut les entourer (en surface ou non) ne sont que mystères et peuplé de composants complexes aux contours difficilement saisissables.

Sans être opaque pour autant, Heated n’est pas un album fait pour rassurer ni même pour amener la moindre sérénité. Clairement ce disque est une exploration en milieu hostile montrant que si la nature peut être belle elle peut également se révéler dangereuse. Les enchainements sonores de la Norvégienne installent irrémédiablement l’auditeur dans cet état d’esprit. Les effets sont assez saisissants et on se prête aisément au jeu. Cependant on reste un peu sur notre fin car Heated n’est qu’une courte présentation des capacités de reproductions sonores de Jana Winderen. Présenté comme un album, il ne dépasse pas la demi-heure mais a cet avantage d’ouvrir une porte sur les expérimentations encore mal connues de son auteur malgré son implication dans les arts modernes. Ceci dit nous n’aurons pas à attendre longtemps puisque Touch a déjà prévu de sortir un nouvel album pour cette année 2009 toujours basé sur ce travail autour d’hydrophones.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 28-04-2009

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http://www.janawinderen.com

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