.:.Chronique.:.

Pochette

Healthy Boy, The

Jusqu'à Ce Que Nous Soyons Repus

[Kythibong::2008]

|01 There Are Things|02 To Hug My Rose|03 Time To Escape|04 A Fire Burns|05 Ashes|06 Fight Fire With Fire|07 Dancing Burning Bodies|08 Last Glance|09 Days Turn|

A Two Steps Promenade, sorti en 2004, avait laissé dubitatif mais il avait ce mérite de poser des bases solides de l'univers sonore et mélodique de The Healthy Boy. Projet solitaire de Benjamin Nerot, déjà membre de Belone Quartet, le nantais avait choisi ironiquement ce nom en rapport avec une époque chancelante de sa vie. Sa musique est alors emprunt d'une certaine mélancolie mais pas complêtement désespérée. Armé de sa seule guitare (sauf exception sur You : The Queen) et d'une voix profonde The Healthy Boy laissait sur A Two Steps Promenade la porte ouverte. A l'écart du repli sur soi ce disque ne perdait pas vue une certaine noirceur et une vision particulière de la vie. Sur Jusqu'à Ce Que Nous Soyons Repus, son nouvel opus, la formule n'a pas vraiment changé mais le fait est qu'il est plus ambitieux, plus abouti et, sans doute, plus évident dans sa forme mélodique. Epaulé sur certains morceaux par trois des membres de Zëro (Eric Aldéa, Franck Laurino - deux ex-Bästard - et Ivan Chiossone) on ressent plus d'assurance dans les morceaux de Benjamin Nerot. L'émotion vous submerge assez rapidement à l'écoute de ce disque. C'est, certes, d'une limpide simplicité mais la colonne vertébrale de chaque morceau ne connait aucun traumatismes. C'est souvent très épuré mais la dose émotive distillé ici est la marque d'une personne qui a manifestement souffert et dont la façon d'appréhender les choses de la vie n'est pas celle de l'idividu lambda.

La pochette du disque explique aussi bien des choses. On y voit un Benjamin Nerot, fraise autour du cou, tirant une langue brunie, les yeux cernés d'un rouge maladif et teint blafard. On pense alors à l'auteur de Les Regrets, Joachim du Bellay, mort prématurément, qui fut un observateur attentionné de la vie doublé d'un mondain chronique. Je ne sais pas si c'est vraiment voulu mais on peut y voir là un parallèlle assez interressant. Benjamin Nerot ne se compare sans doute pas au poète angevin mais peut-être se sent-il quelques affinités avec lui, voire des points communs ? Il faudrait lui poser la question. En tout cas dans le genre divagation à la Will Oldham et néo-folk en appesenteur The Healthy Boy parvient à un somment qu'il n'avait, jusqu'à présent, jamais vraiment atteint. Ce disque est clairement touché par la grâce. Vous pourrez n'importe quel morceau, vous serez obligé de faire le même constat. Dans le cas contraire, changez d'âme.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 24-04-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/thehealthyboy

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