.:.Chronique.:.

Pochette

Mikkel Metal

Peaks And Troughs

[Echocord::2008]

Mikkel Meldgaard est quelqu'un qui ne fait pas beaucoup de bruit. Sous le pseudo de Mikkel Metal il donne pourtant régulièrement de ses nouvelles via ses parutions sur Echocord, Kompakt et plus rarement sur des labels plus confidentiels comme Thinner. Oeuvrant dans une musique électronique minimale reposant sur des fondements dub, le Danois a fait depuis longtemps ses armes avec, jusqu'ici, une certaine résussite. Peaks And Troughs est son quatrième album en date et celui-ci, en plus des louables intentions qui sont les siennes, est habité par de bonnes idées. La première est, à l'évidence, d'avoir invité Paul St. Hilaire afin qu'il pose sa voix chaleureuse et détachée sur quelques-unes des compositions de Mikkel Metal nous faisant nous remémorer les plus belles heures de Massive Attack. La seconde est d'avoir pu réaliser une synthèse du plus bel effet entre l'électronique et le dub ce qui, là encore, nous fait rappeler que les deux genres ont toujours eu des points communs et ont eu des aventures fusionnelles qui ont laissé des traces profondes. La troisième est d'avoir intégré avec subtilité des clicks qui se fondent parfaitement dans l'ensemble comme si tout coulait de source, le plus naturellement du monde.

De fait, Peaks And Troughs est un album qui se distingue par son intelligence qui est autant technique qu'artistique. Au moins il ne fait pas référence à toute cette frange de musiciens qui sont arrivés avec autant de classe que des hooligans éméchés et qui ont largement saboté un style par une vision trop pompier et pour le moins vulgaire (et ceux-là, il sera inutile de les citer). Tout le monde n'est pas Pole, Scorn, Dub Tractor ou encore Mathias Delplanque. Mikkel Metal, lui, qualitativement parlant, est largement à placer dans la catégorie des sus-cités. Ce qui est certain c'est que Meldgaard ne nous prend pas pour des imbéciles. Il y a une forme de respect dans la musique de Mikkel Metal. Un respect qui met l'auditeur en confiance. Sans être exigeante elle ne cède pas pour autant à la facilité. D'un bout à l'autre de ces onze morceaux on peut y sentir toute l'application de notre homme même si on peut regretter, quelque part, une certaine forme de classicisme.Ce qui compte, finalement, c'est ce côté intègre qui ne fait pas dans l'élitisme et qui laisse les portes grandes ouvertes. C'est le signe qu'on peut être à la fois accessible sans être obligé de faire une musique laborieuse et stéréotypée. On s'y retrouve donc largement, on s'y repait et on adore y revenir. Il n'y a pas à demander plus.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 17-04-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/mikkelmetalmusic

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