.:.Chronique.:.

Pochette

Thompson, Robert Scott

Poesis Athesis

[Lens Records::2008]

Incrédule, la première réaction en écoutant ce nouveau disque de Robert Scott Thompson était de savoir quel était l'âge de son auteur. Quel intérêt me direz-vous ? Sans doute aucun mais Poesis Athesis me faisait penser à tous ces scruteurs de l'électronique planante allemande des années 70 qui ont, pour beaucoup, invariablement bifurqué vers une musique proche du new age pour papy-boomer post soixante-huitards. A première vue, Robert Scott Thomas avait tout à fait ce genre de profil. De plus quand on sait que Poesis Athesis est le fruit d'une longue collaboration entre le compositeur et Terrence Dunn, maître Chi Kung (ou Qi Gong), dont les vidéos ont été abondamment sonorisé par Scott Thompson, on peut avoir de sérieux doute sur la marchandise. Universitaire de formation (il sera passé par l'école de musique de l'université de l'Oregon et par celle de San Diego), plutôt porté vers l'électro-acoustique il a remporté plusieurs prix et gagné la reconnaissance de quelques maîtres de l'expérimental comme Gordon Mumma. Chercheur-enseignant au Danemark il a également fait passé son savoir à Atlanta puis, de nouveau, à San Diego. Influencé par Varèse, Satie, John Cage, Brian Eno ou Stockhausen, Robert Scott Thompson a pourtant un parcours qui ne laisse aucunement supposer ce que l'on entend sur Poesis Athesis. C'est même assez curieux que l'idée qu'on se fait de la musique du bonhomme au vu de son C.V ne ressemble en rien à la réalité de Poesis Athesis.

Il faut croire que ce disque est un peu à part. Prenez certains de ses efforts précédents comme Hypnos, The Silent Shore, Space For Music ou Musique D'Ameublement, la différence est assez nette. Poesis Athesis, dans une veine qui oscille entre l'ethnique, le new-age et l'ambiant, donne l'impression de s'écarter sensiblement de la droite ligne experimentale que Robert Scott Thompson a toujours suivi. Ici, il se veut plus accessible, plus porté par toute l'imagerie que nous renvoie généralement les arts martiaux à tendance zen. C'est même un peu trop propre pour être totalement honnête. Thompson est peut-être dans une optique d'oeuvre de commande mais il ressort que, sur le fonds, ce disque est pensé sciemment et qu'il est peu probable que son auteur le renie. Celui-ci est donc un personnage multi-facettes et celle présentée par Poesis Athesis n'est clairement pas la plus interressante. On se consolera en se disant que sa discographie est suffisamment dense pour qu'on trouve ailleurs une musique plus en adéquation avec ses talents de créateur.

note : 5

par Fabien, chronique publiée le 15-04-2009

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