.:.Chronique.:.

Pochette

Gagarin

Adaptogen

[Geo Records::2009]

|01 Phormium|02 Golden Cap|03 'den Bosch|04 Aconite|05 Gavvers|06 Straiff|07 Fila|08 Ab Plas|09 Onomo|10 Stipa|

Le parcours de Gagarin est assez tortueux. Après avoir fait partie de Ludus comme batteur, on le retrouvera, sous le nom de Dids, aux côtés de John Cale, Sun Of Arqa, Bill Pritchard ou Eric Random. Cependant sa collaboration la plus régulière est au profit du Pere Ubu de David Thomas. Très récemment encore il a participé à l’enregistrement d’Ubu Roi et joué avec le groupe au Queen Elizabeth Hall. A côté de cela on le connait également comme Graham Dowdall, nom sous lequel il enseigne au Goldmsiths College (Londres). Cependant c’est sous le pseudo Gagarin que le personnage va nous intéresser. Déjà auteur de trois albums, quelques ep et des participations à diverses compilations, Gagarin sort ce nouvel opus sous son propre label. Adaptogen est présenté comme le prolongement logique des travaux précédents. Un choix tout à fait logique qui peut largement se comprendre dans le sens où faire évoluer une vision précise de la musique électronique avec la volonté de l’améliorer et de l’amener sur des territoires nouveaux est, bien sûr, plus que respectable. Sur des rythmiques downtempo et des nappes synthétiques Gagarin appose des mélodies qui rappellent les premières heures du label Warp ou certaines échappées chez Planet Mu. Adaptogen aurait certainement eu sa place il y a quinze ans au sein de ces écuries. Cependant, le fait de dire cela, ne doit pas être compris dans le sens où cet album contiendrait des sonorités datées. Bien au contraire si Gagarin n’est sans doute pas à la pointe du modernisme Adaptogen supporte très largement le choc.

Album résolument organique, les distorsions et les fields recordings qui parsèment Adaptogen offrent un contrepoids à une musique qui, sans eux, tomberait presque dans la banalité. Cependant, Gagarin est un fin producteur et il dose parfaitement les ambiances et les architectures sonores. Disque équilibré et sans réels faux pas, Adaptogen passe comme une lettre à la poste mais il faut tout de même avouer qu’il n’est pas spécialement transcendant. Certes, c’est intelligent, plein de saveur et basé sur une electronica d’un bon niveau qui peut assez largement satisfaire mais ce qui nous est proposé ici atteint quelques limites et cela reste très codifié. Bien qu’Adaptogen ne soit pas un disque d’amateur et nous fasse passer de belles émotions, on ne peut être dupe de la situation. On restera sur une impression sympathique et sur la vision d’un personnage qui détient les clés de la connaissance de la chose électronique mais qui ne pousse pas plus avant son avantage. C’est dommage car Gagarin a sans doute de folles possibilités. Peut-être ne cherche t-il qu’à se faire plaisir. Si c’est cela on ne pourra pas lui en vouloir.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 14-04-2009

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