.:.Chronique.:.

Pochette

Kiritchenko, Andrey

Misterrious

[Spekk::2008]

|01 Let Oneself In|02 Sparkling Early Mornings|03 Wounded By Love|04 Your Thought In Scary Forest|05 Evening Light Wrap Me Softly|06 Persistent Visions|07 Untitled Inquietudes |08 Vague Fable|09 Unexpected Raylets|

Quand Andrey Kiritchenko nous dit qu’il a voulu faire, avec Misterrious, un disque de jazz, on peut volontiers le croire. Cependant si c’était sa volonté première, il en a quelque peu dévié. Déjà auteur d’albums beaucoup plus électroniques (True Delusion, Stuffed With/Out) Kiritchenko a placé ici le piano comme instrument central de l’album, mettant ainsi l’acoustique au cœur même de l’œuvre. Ici, l’électronique ou le field recording ne sont là que pour servir les mélodies étirées jouées au piano. Pour autant cette formule n’était pas toujours aussi satisfaisante pour Kiritchenko puisqu’il rajoute à tout cela des guitares, des cloches, du glockenspiel, de l’autoharp, diverses sonorités d’objets et d’insectes de Crimée. Mais pour donner une coloration encore plus jazz il a fait appel aux batteurs Jason Kahn et Martin Brandlmayer qui participent volontiers à quatre des neuf morceaux qui composent Misterrious. L’influence jazz n’est pas, au premier abord, aussi évidente que cela. Elle se devine et ne se découvre qu’au fil des écoutes successives. Ceci étant qu’on puisse trouver ce disque jazz ou pas n’a finalement que peu d’importance. Ce qui compte réellement c’est l’absolue beauté des titres présentés ici. Une beauté claire, limpide, sans artifices.

Comme le voulait également son auteur, Misterrious a une approche assez naïve voire même contemplative. Scrupuleux sur la forme, Kiritchenko truffe ses morceaux de détails. Bien sûr la trame principale de chaque titre, souvent assez répétitive mais très souple, prend une place prépondérante sans être étouffante. En effet, l’arrière plan sonore est tout aussi important et donne des impressions de matins d’été où la chaleur prend doucement l’ascendant sans être assommant. Ce sont dans ces moments là où la rosée est encore présente que l’on perçoit toute la beauté d’un environnement naturel. Une harmonie qu’on ne s’explique pas vraiment. Comme un mystère. C’est peut-être où voulait en venir Kiritchenko : faire comprendre qu’un mystère n’est jamais aussi beau que quand il n’est pas résolu. On le contemple sans chercher à comprendre de quoi il retourne ou de quoi il est fait. On s’en imprègne et c’est alors suffisant. L’expliquer ce serait briser le rêve et anéantir toute la beauté qui entoure la musique de Kiritchenko. Sommes-nous prêts à courir ce risque ? En ce qui me concerne Misterrious me convient comme il est et je ne cherche pas plus loin.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 12-04-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/kiritchenko

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