.:.Chronique.:.

Pochette

Sten

The Essence

[Dial / Kompakt::2008]

Après être passé par bon nombre de labels sous le nom de Lawrence c'est à présent aussi sous celui de Sten qu'il faudra reconnaître Peter M.Kersten qui, accessoirement est aussi le patron, avec Carsten Jost, de Dial. Si on devait faire la fine bouche on trouverait The Essence, son dernier album en date, un peu trop classique dans la forme et prévisible dans ses effets. C'est d'ailleurs souvent un peu le gros problème des disques qui font de la minimale. La plupart du temps nous avons à faire à des albums solides auxquels nous n'avons pas grand chose à reprocher. Cependant, ils finissent par tous se ressembler et les différences restent minimes. Les surprises deviennent, par conséquent, assez rares. The Essence est dans ce cas de figure. Fortement inspiré par la techno de Détroit, Sten n'oublie pourtant pas ses racines allemandes. La rencontre des deux cultures à donné de bons résultats et ici on ne s'en plaindra pas mais, à l'évidence, nous n'entendons rien de vraiment nouveau sur The Essence. Nous avançons sur un terrain dégagé et sans obstacles. Tout y est limpide et les morceaux concoctés par Sten fonctionnent comme une belle mécanique. Dans l'absolu The Essence est un album de bonne facture qui aurait très bien pu être encensé si il était sorti il y a quelques années.

On se contentera donc de ce classicisme bon teint qui ne concernera que les amateurs du genre et, éventuellement, les néophytes. Les plus exigeants prendront acte de ce disque, lui trouveront certainement des qualités évidentes, mais n'iront pas plus loin qu'une écoute de pure forme. Peut-on leur donner tort ? Evidemment non, la vraie question qui se pose quand on écoute des albums comme The Essence c'est de savoir si la minimale ne s'installe pas doucement mais sûrement dans une sorte de routine qui risque de provoquer une désaffection du public ? Nous avons déjà vu qu'en terme de musique électronique ses acteurs ont toujours eu de la ressource et su se renouveler quand cela était nécessaire. Sans être vraiment en crise le genre est sans doute victime de son succès et peine à se redonner un second souffle. Pour autant il y a de quoi être optimiste puisque nous ne sommes pas encore rendu à entendre des disques alimentaires et que des types comme Sten sont encore capable d'avoir un peu d'audace. C'est tout ce qu'on demande, après tout.

note : 6

par Fabien, chronique publiée le 12-04-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/lawrencesten

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