.:.Chronique.:.

Pochette

Fonda, John Lord

Composite

[Citizen Records::2009]

Revenons quelques années en arrière. Fin 2005 Cyril Thévenard aka John Lord Fonda sortait son premier album (Debaser) sur Citizen Records, label a qui on promettait un bel avenir. Début 2009, Citizen est devenu l’un des plus beaux fleurons de la musique électronique hexagonale et John Lord Fonda a parcouru bien du chemin. Ce chemin l’a conduit bien évidemment sur scène où il a produit des shows sans cesse changeants et qu’il a fait évoluer avec une volonté de ne jamais produire le même set à chaque fois. Le plus difficile est alors de surprendre et le meilleur moyen d’y parvenir pour John Lord Fonda aura été d’utiliser des morceaux d’artistes laissé de côté depuis bien longtemps ou méprisé à force d’avoir été trop joué il y a quelques années. Ainsi Composite est-il le reflet de cette logique où les anciens rencontrent les modernes sans qu’il y ait la moindre anicroche et ce avec un mix savamment dosé par le Lord. De fait personne ne verra le moindre problème à voir Public Enemy faire face à Sébastien Tellier, Donna Summer à Motor, Opus III à Abstract Sound Project ou Polygon Window à Apparat. Certains choix pourraient sonner comme une hérésie ne serait qu’à cause du mélange des genres, de sonorités et d’époques. Cependant la prise de risque se révèle bien plus intéressante qu’il n’y parait.

La plupart du temps les mix sont la réunion de morceaux qui ont un dénominateur commun. Ici c’est John Lord Fonda qui créé ce lien en élaborant les passerelles nécessaires pour donner à chaque morceau une dimension unique pour éviter toute forme de disparités. Si il y a bien une unité dans Composite ce n’est pas parce que les morceaux se ressemblent, nous l’avons vu, mais bien parce que leur association improbable a été rendu possible. Un mix très appréciable, somme toute, qui charrie son lot de surprises et de contrastes avec un sens inné de l’organisation. Tout semble couler de sources et les différences entre les morceaux sont vite gommées par tout le plaisir que l’on prend à l’écoute de ce disque. Au moins Composite donne une idée un peu plus précise de ce à quoi peu ressembler une performance scénique de John Lord Fonda. On peut même le prendre comme une introduction synthétique de l’univers du Français. Ne vous attendez pas à ce qu’il vous ressorte un jour exactement le même mix. Celui d’aujourd’hui ne sera pas celui de demain. C’est ce qui fait que ce personnage est apprécié.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 11-04-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/johnlordfondatherealone

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